Beijing s’est engagé à réduire son interventionnisme dans son secteur industriel, afin d’apaiser les inquiétudes sur sa politique industrielle.

« Nous allons progressivement réduire le micro-management et l’intervention directe du gouvernement afin de permettre au marché de décider seul des allocations de ressources et de soutenir le développement de l’industrie manufacturière« , a déclaré Miao Wei, ministre de l’Industrie et des technologies d’information, lors du China Development Forum.

Toutefois, le gouvernement va continuer à encourager sa production à plus haute valeur ajoutée, refusant de revenir sur le plan « Made in China 2025« , sujet de crispation de la part des Occidentaux.

« Made in China 2025 » prévoit le soutien de l’Etat sous la forme de commandes et de subventions pour rattraper le retard du pays dans les technologies de pointe (semi-conducteurs, robotique, aérospatial, intelligence artificielle).

Washington menace de taxer plus encore les importations chinoises si Beijing ne modifie pas ses pratiques concernant les subventions industrielles et la propriété intellectuelle.

Citant des sources proche du dossier, le Financial Times a rapporté que la Chine refusait d’accéder à certaines demandes des Etats-Unis et d’assouplir les restrictions qu’elle impose aux entreprises technologiques étrangères.

Les négociations entre les deux pays reprennent le 28 mars au niveau ministériel, avec la venue dans la capitale chinoise du représentant au Commerce Robert Lighthizer et du secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

En dépit des prises de positions de Beijing, les administrations locales continuent d’encourager les industriels à progresser. La province méridionale du Hunan a récemment présenté un plan de développement triennal pour l’intelligence artificielle. Celui-ci présage la mise en place de moyens supplémentaires dans le secteur, soit près de 10 milliards de yuans (1,31 milliard d’euros) d’ici 2021.

Face à la volonté du président Donald Trump de faire revenir des emplois manufacturiers aux Etats-Unis, Miao Wei a affirmé que cela ne dépendait pas d’une seule personne mais de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement des entreprises.

« Une entreprise donnée va vouloir installer sa chaîne d’approvisionnement dans un pays où les coûts sont relativement bas, c’est une loi économique« , a indiqué le ministre de l’Industrie et des technologies d’information.

« Si, après des comparaisons, il ressort que les Etats-Unis ont des coûts plus bas et possèdent d’autres avantages par rapport aux autres pays, je suis sûr qu’une entreprise (…) fera revenir sa production aux Etats-Unis », a précisé ce dernier.

Concernant les petites et moyennes entreprises, qui peinent à trouver des financements, Miao Wei a assuré que les PME joueraient à l’avenir un rôle plus important dans l’innovation.