Le Parlement japonais a adopté le 1er février une résolution sur la « grave situation des droits de l’homme » en Chine, qui a fait part de son opposition.

L’institution a appelé le gouvernement du Premier ministre Fumio Kishida à prendre des mesures pour améliorer la situation, au moment où vont s’ouvrir les Jeux olympiques d’hiver de Pékin.

Le Japon a déjà annoncé qu’il n’enverrait pas de délégation gouvernementale aux JO de Pékin, imitant le boycott diplomatique initié par les Etats-Unis qui ont cité la situation des droits de l’homme en Chine. Bien que Tokyo n’envoie pas de représentant, le Japon n’a pas pour autant explicitement pointé du doigt l’argument américain.

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Depuis son arrivée au pouvoir en octobre 2021, Fumio Kishida a indiqué à plusieurs reprises que le Japon serait faire face à la Chine lorsque cela serait nécessaire. Il a nommé en novembre 2021 l’ancien ministre de la Défense, Gen Nakatani, conseiller aux droits de l’homme.

La résolution précise que la communauté internationale a fait part de ses préoccupations sur l’enfermement et la violation des libertés religieuses dans la région du Xinjiang, au Tibet et à Hong Kong.

Selon le texte, la question des droits de l’homme corresppond à des « valeurs universelles » et un « motif légitime de préoccupation pour la communauté internationale », pour laquelle le non-respect des droits de l’homme est une « menace ».

Selon l’agence de presse Jiji, l’aile conservatrice du Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir souhaitait l’adoption de la résolution parlementaire avant l’ouverture des JO de Pékin, le 4 février. Cependant, certains s’inquiètent du potentiel impact économique de cette résolution contre la Chine.

Au sein du PLD, de nombreuses divergences persistent sur la position à adopter à l’égard de la Chine, entre les partisans d’une ligne dure qui privilégient les questions de défense et ceux préférant protéger les liens économiques étroits entretenus par le Japon avec son voisin.

La résolution appelle le gouvernement japonais à travailler avec la communauté internationale sur la question des droits de l’homme en Chine afin de mettre en oeuvre « des mesures d’allègement exhaustives ».

Elle ne mentionne pas directement la Chine et n’inclut pas des expressions comme « violations des droits de l’homme », utilisant plutôt « situation des droits de l’homme » – une approche prudente qui pourrait être destinée à protéger les liens économiques sino-japonais.

A Pékin, un porte-parole de l’organe législatif suprême de la Chine a exprimé sa ferme opposition à l’adoption d’une soi-disant résolution concernant les conditions des droits de l’homme en Chine par la Chambre des représentants du Japon.

« La soi-disant résolution représente une ingérence grossière dans les affaires intérieures de la Chine et viole gravement les normes fondamentales gouvernant les relations internationales », a indiqué You Wenze, porte-parole de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée populaire nationale.

« Un tel acte a saboté la confiance mutuelle politique entre les deux pays et a sévèrement perturbé l’amélioration et le du développement des relations entre la Chine et le Japon », a souligné le porte-parole.

« Nous nous opposons fermement à la manipulation politique du Japon sous le prétexte des ‘droits de l’homme' », a indiqué ce dernier, notant que « toute tentative de s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine et de saper les intérêts de la Chine ferait face à une réponse ferme de la part de la Chine ».

« Respecter et protéger les droits de l’homme est un principe important de la Constitution de la Chine et les citoyens chinois jouissent pleinement des droits politique, économique et social », a assuré le porte-parole, exhortant le Japon à réfléchir à ses erreurs de violations des droits de l’homme dans l’histoire.