vendredi, juin 14

Le PDG d’Apple défend le retrait d’une application

Tim Cook, PDG du géant américain Apple, a expliqué à ses employés que le retrait de son application permettant aux hongkongais de localiser les policiers sur une carte, visait à «protéger les utilisateurs».

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D’après une lettre diffusée en interne qui a fuité dans la presse américaine, Tim Cook évoque des «informations crédibles» de la police et d’utilisateurs à Hong Kong, selon lesquelles l’application servait à «attaquer des agents de police isolés, des individus et des propriétés privées à des endroits où la police n’était pas présente».

«Cette utilisation de l’application nous place en infraction vis-à-vis de la loi hongkongaise (…) et du règlement de notre ‘App Store’ qui interdit de nuire personnellement aux autres», a précisé le texte publié par The Verge, un site spécialisé américain.

Le retrait a été largement interprété comme une soumission à Pékin par les partisans du mouvement pro-démocratie, alors que la Chine a accru la pression sur les sociétés étrangères qu’elle soupçonne de soutenir la rébellion.

Le Quotidien du peuple a récemment dénoncé cette appli («HKmap.live»), en l’accusant d’aider les «émeutiers». Tim Cook décrit les informations fournies par l’application comme «inoffensives en soi», mais «ce n’est pas un secret que la technologie peut être utilisée pour le bien comme pour le mal».

Les développeurs de l’application ont démenti que celle-ci encourageait des activités criminelles, voyant dans la décision d’Apple un acte de «censure» et «une décision politique visant à restreindre les libertés».

«Les débats nationaux et internationaux nous survivront. Même s’ils sont importants, ils ne déterminent pas les faits. Dans ce cas, nous les avons soigneusement examinés, et nous pensons que c’est la décision à prendre pour protéger nos utilisateurs au mieux», a conclut le patron d’Apple.

Hong Kong est le théâtre depuis quatre mois d’une crise politique sans précédent depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. La manifestation dégénère souvent en affrontements de plus en plus violents entre radicaux et forces de l’ordre.