En réponse au  « Uyghur Tribunal », un tribunal indépendant britannique créé en 2020, Xu Guixiang, le porte-parole du gouvernement de la région autonome ouïghoure du Xinjiang, a déclaré que l’organisation était illégale et prédéterminée à, non seulement, discréditer le Xinjiang, mais aussi à s’immiscer dans les affaires intérieures de la Chine.

Urumqi, capitale de la région du Xinjiang

Selon un reportage de Radio Television Hong Kong, diffusé le 25 mai, Xu Guixiang a déclaré lors d’une conférence de presse à Beijing que le «Uyghur Tribunal» avait été établi par des forces américaines et occidentales anti-chinoises. La soit-disant session récemment tenue au tribunal fait part, d’après lui, d’un génocide inexistant au Xinjiang.

Ce dernier a ajouté, qu’en plus d’être illégal, la position «par défaut» de l’organisation est de discréditer la région autonome du Xinjiang et de s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine. Selon lui, le tribunal n’a entendu que «des mensonges absurdes, qui constituent une offense grave pour les véritables victimes de génocide».

Le 26 mars, le Ministère chinois des Affaires étrangères avait annoncé, qu’en guise de représailles contre les mesures imposées par le Royaume-Uni contre des personnes et organisations chinoises, des sanctions seraient prises contre neuf personnes et organisations britanniques, dont le «Uyghur Tribunal», pour «diffusion malveillante de mensonges et  désinformation».

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Selon le reportage de de RTHK, la conférence de presse de a été l’occasion pour d’anciens enseignants et étudiants du «Centre de formation professionnelle» du Xinjiang de parler de la situation dans le centre.

Ainsi, Wu Ri Guli, une ancienne enseignante du Centre d’éducation et de formation, a déclaré que le centre organisait des activités pédagogiques en fonction du niveau et des préférences des élèves. Elle a également ajouté qu’elle s’était liée d’amitié avec eux et que certains la considéraient même comme une mère.

Cette dernière a ensuite démenti les allégations d’abus ou d’agressions sexuelles sur les étudiants, qu’elle a qualifiés de mensonges. Wu Ri Guli a affirmé que leurs droits étaient entièrement protégés.

Les accusations de violence et de torture des nombreux Ouïghours qui ont quitté le Xinjiang, répandues en diffusant des interviews de leurs proches ou de stagiaires qui sont entrés dans le centre de formation, ont également été critiquées et réfutées lors de la conférence de presse.

Xu Guixiang, le porte-parole du gouvernement de la région autonome ouïghoure du Xinjiang, a ensuite insisté sur le fait qu’il n’y avait pas de camps de concentration, ni de travail forcé au Xinjiang.

«Les pays occidentaux et les organisations de défense des droits de l’homme ont toujours accusé les autorités du Xinjiang de détenir et de persécuter des Ouïghours dans des camps de concentration», selon lui.

Les États-Unis ont même qualifié cela de génocide. En janvier 2021, Washington a interdit l’importation de coton et de tomates en provenance du Xinjiang, dans l’éventualité qu’ils soient issus de travaux forcés.

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La Chine a, cependant, toujours nié ces allégations et décrit les camps comme des centres d’éducation et de formation pour lutter contre l’extrémisme religieux. Selon Xu Guixiang, les idées extrémistes ont transformé les Ouïghours qui y ont adhéré en «fantômes», tandis que le centre de formation les a rendus à nouveau «humains».

Ce dernier a également déclaré que les habitants du Xinjiang, en particulier dans le sud, ont longtemps été influencés par l’idéologie extrémiste. D’après Xu Guixiang, « ils ne comprennent pas très bien ce qu’est la religion et ce qui est légal ou illégal. En Occident, ils seraient condamnés et emprisonnés. Les masses étant victimes du terrorisme, des mesures  pour transformer l’éducation ont été adoptées et des centres de formation ont été mis en place pour sauver, éduquer et protéger ».

Enfin, le porte-parole du Xinjiang a décrit la construction des centres de formation professionnelle comme un moyen de ne pas avoir à construire de prison supplémentaire.

En réaction à ces propos, Sir Geoffrey Nice QC a indiqué au nom du tribunal ouïghour que «les sanctions imposées par la République populaire de Chine n’affecteront pas les travaux du Tribunal et ne seront pas retenues contre la RPC par le Tribunal pour parvenir à un jugement indépendant sur les informations fournies au Tribunal par tout groupe, État ou individu souhaitant s’engager. Nous continuons d’espérer que la Chine répondra à nos invitations à coopérer avec le Tribunal et à fournir des éléments de preuve pour l’aider dans ses travaux».