Zhu Liying, le nouvel ambassadeur de la République Populaire de Chine à Maurice, a expliqué que « les consommateurs chinois apprécient le rhum mauricien ». Ce dernier a fait remarque lors d’une visite de courtoisie, le 31 août, chez le ministre de l’Agro-industrie et de la Justice, Maneesh Gobin.  

Une aubaine pour les producteurs mauriciens, dont le groupe mauricien producteur et distributeur de rhums de haute qualité, Grays. Ce dernier exporte depuis mars 2021 des rhums de ses gammes New Grove et Lazy Dodo vers la Chine.

D’ailleurs, ces deux marques de rhum ont été présentées à la Chine, le 12 mars dernier, jour de la Fête nationale mauricienne, à l’occasion d’une cérémonie au Fosun Arts Center, à Shanghai.

L’ambassadeur de Chine à Maurice a expliqué que grâce à l’accord de libre-échange mit en vigueur entre la Chine et Maurice le 1er janvier 2021, les producteurs et distributeurs de l’île pourront valoriser davantage les produits mauriciens, citant notamment le rhum comme exemple.

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Pour le ministre de l’Agro-industrie, l’accord de libre-échange permet surtout une hausse substantielle des exportations de Maurice vers la Chine. «C’est très encourageant. Bientôt, nous allons aussi exporter les sucres spéciaux mauriciens vers la Chine», a-t-il dit.

Parmi les autres thèmes abordés entre l’ambassadeur et le ministre, la coopération dans le domaine de la justice, la protection de l’environnement ainsi que des échanges entre le parti communiste chinois et le Mouvement socialiste militant (MSM) ont été évoqué.

Pour Kwang Poon, homme d’affaires et observateur politique mauricien, cet accord de libre-échange sino-mauricien (ALEMC), «offre un potentiel extraordinaire pour relancer l’économie de l’archipel touristique de l’océan Indien dans le sillage de la pandémie, mais aussi pour le commerce entre l’Afrique et la Chine».  

Dans un entretien à l’agence de presse Xinhua, il a expliqué que cet accord a été mit en place à une période où tous les pays ont comme priorité de relancer leur économie, dans une ère post-Covid-19. Aussi, « l’ALEMC a le potentiel de stimuler la relance de l’économie mauricienne en ouvrant le vaste marché chinois aux producteurs locaux avec à la clé un accès préférentiel« , a assuré ce dernier.

Cet entrepreneur spécialisé dans l’import-export juge cet accord historique au sens où il est le premier du genre entre la Chine et un pays africain et que son « entrée en vigueur coïncide à dessein avec l’opérationnalisation de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) ».

Outre les échanges commerciaux, l’accord a le potentiel d’approfondir la coopération sino-mauricienne de plusieurs façons, selon Kwang Poon. En effet, hormis la coopération économique et commerciale, l’accord sevrait développer des échanges dans plusieurs domaines, tels que l’agriculture, la culture, l’éducation, la santé…

Concernant sa position géostratégique, l’île Maurice « est idéalement placée pour se développer en un port de transbordement avec des services de cabotage pour optimiser le fret maritime entre la Chine et l’Afrique. En appui avec l’augmentation du flux commercial, si Maurice devient un centre régional de règlement en RMB, cela pourrait encore réduire le coût et la rapidité des transferts transfrontaliers et apporter des revenus non-négligeables à l’économie mauricienne », a indiqué ce dernier

Cette influence financière sur l’économie mauricienne est d’époque, comme l’a expliqué Kwang Poon, « la Chine a participé et participé au développement économique de Maurice, depuis toujours ».

Parmi les projets de coopération Chine-Maurice, l’expert a cité le complexe multi-sports de Côte d’Or, le barrage de Bagatelle ou le rehaussement de l’aéroport international parmi d’autres. Selon lui, il est important de ne pas tarder à mettre tous les projets en oeuvre, estimant qu’il « faut battre le fer pendant qu’il est chaud et maintenir l’élan afin de garder l’intérêt et promouvoir des actions de deux côtés ».

Pour Kwang Poon, l’un des bénéfices les plus évidents et faciles à mettre en œuvre est l’exportation des sucres spéciaux, c’est-à-dire non raffinés et de haut de gamme. D’autant plus que Maurice exporte déjà en Chine du rhum, de la bière, du textile haut de gamme et des fruits de mer. De fait, « l’ALEMC donnera un avantage tarifaire aux produits mauriciens et cela permettra sans doute de booster les ventes ».