La Commission européenne a décidé de modérer ses efforts visant à promouvoir son projet d’investissement avec la Chine, estimant que le Parlement européen n’approuverait pas cet accord alors que la Chine a décidé de maintenir ses sanctions à l’encontre de cinq eurodéputés.

Dans un communiqué publié le 5 mai, la Commission a indiqué que l’accord global sur les investissements avec la Chine (CAI) ne peut être dissocié des autres dossiers entre l’UE et la Chine. La Commission a jugé les sanctions à l’égard de parlementaires européens d’«inacceptables et regrettables».

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«Les chances d’une ratification du CAI dépendront de l’évolution de la situation», a souligné l’exécutif européen. Le 4 mai, le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, a déclaré à l’Agence France Presse que l’exécutif européen avait « en un sens » suspendu ses activités de sensibilisation politique et que l’environnement n’était pas propice à la ratification de l’accord.

Valdis Dombrovskis avait évoqué dans la matinée la “suspension” de l’accord controversé sur les investissements entre la Chine et l’Union européenne. Avant de se rétracter dans la soirée.  L’accord Chine-UE (CAI), mis en place fin 2020, devrait assurer un meilleur accès des entreprises européennes aux marchés chinois et de rééquilibrer les relations économiques entre les deux blocs.

Le projet d’accord Chine-UE peine à se mettre en place en raison des préoccupations liées aux droits de l’homme et au travail forcé en Chine ainsi que de la défiance de Washington à l’égard de la Chine.

Les sanctions prises par la Chine en mars à l’égard de parlementaires et de diplomates européens, dont le Français Raphaël Glucksmann, pour leur rapport sur le sort des Ouïghours dans la province du Xinjiang sont venues complexifier le dossier.

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A l’heure actuelle, la Commission européenne a lancé une procédure de révision juridique de l’accord et une traduction du texte dans les différentes langues parlées au sein de l’UE. Un examen de l’accord par le Parlement européen n’est pas prévu avant 2022.

Au sein du Parlement, les sociaux-démocrates et les Verts sont opposés à cet accord. Tandis que le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel soutiennent l’accord. Le CAI ne sera ratifié qu’à l’issue des élections législatives en Allemagne prévues en septembre.

D’ailleurs, la chancelière allemande Angela Merkel a défendu le 5 mai l’accord sur les investissements conclu fin 2020 entre l’UE et la Chine en dépit des vives tensions actuelles qui compliquent sa ratification par les Vingt-sept.

«Malgré toutes les difficultés qui vont certainement apparaître en ce qui concerne la ratification» de cet accord, il s’agit «d’une initiative très importante qui ouvre une plus grande réciprocité dans l’accès à nos marchés réciproques», a estimé la chancelière lors d’un colloque organisé par l’union conservatrice CDU/CSU.

Toutefois, «nous avons pour le moment (…) suspendu certains efforts de sensibilisation politique du côté de la Commission, car il est clair que dans la situation actuelle, avec les sanctions de l’UE contre la Chine et les contre-sanctions chinoises, y compris contre des membres du Parlement européen, l’environnement n’est pas propice à la ratification de l’accord», a déclaré Valdis Dombrovskis à l’AFP.