samedi, juin 15

Les entreprises européennes peinent à travailler en Chine

Les entreprises européennes ont dénoncé, lors d’une enquête de la Chambre européenne du commerce en Chine, un climat des affaires hostile, dû aux restrictions sur l’internet et aux réglementations.

D’après le rapport de la Chambre européenne du commerce en Chine, les entreprises européennes continuent de faire face à d’importantes difficultés opérationnelles en Chine.

532 entreprises européennes dans le doute

L’enquête de confiance des entreprises de la Chambre européenne de 2018 révèle que la pratique des affaires est devenue plus difficile au cours de l’année écoulée en raison des barrières réglementaires de longue date, des restrictions d’accès au marché et de l’inégalité de traitement.

61% des 532 entreprises de l’Union européenne sondées par la Chambre de commerce de l’UE en Chine se disent «optimistes» sur la croissance de leur secteur dans le pays, contre 55% l’année précédente.

«Mais à mesure que l’économie chinoise arrive à maturité, ses aspects inefficaces de longue date deviennent plus flagrants», a indiqué l’institution, présidée par Mats Harborn, qui a souligné que «des barrières anciennes persistent. L’environnement réglementaire bride l’économie, en contraste frappant».

48% des entreprises, il est devenu «plus compliqué» de faire des affaires en Chine. Parmi les sociétés interrogées, 46% disent avoir manqué des occasions d’affaires en raison d’obstacles réglementaires ou restrictions d’accès au marché. Et 46% autres s’attendent à ce que le nombre d’obstacles réglementaires augmente au cours des cinq prochaines années.

Les entreprises déplorent un environnement juridique incertain, un renchérissement du coût du travail, complications administratives,  mais surtout les barrières visant les étrangers.

De nombreux obstacles à lever

Autre difficulté, la «Grande muraille électronique» encadrant l’internet local. En effet, 64% des répondants se plaignent des restrictions de l’Internet, qui ont un impact économique négatif sur leurs activités. «C’est une grande contradiction, pour une Chine qui s’autoproclame champion de la mondialisation» a indiqué Mats Harborn.

51% des entreprises sondées estiment être traitées «défavorablement» par rapport à leurs concurrents locaux, contre 54% en 2017. Chaque année la commission réalise une étude destinée à connaitre l’environnement des entreprises européenne en Chine.

29% ont connaissance de subventions accordées dans leur secteur aux sociétés chinoises, expliquant selon elles l’absence de changement dans l’accès au marché local en dépit des annonces d’ouverture aux entreprises étrangères.

11% font état d’une «fermeture» accrue des autorités chinoises dans leur secteur et seules 6% constatent une amélioration. Enfin, un cinquième des entreprises européennes disent avoir été victimes de transferts de technologie forcés.

«La Chine veut devenir un leader de l’innovation, mais elle doit dépendre moins des transferts et gonfler ses propres dépenses en R&D pour espérer un développement durable», a dénoncé la Chambre.

Les entreprises chinoises de plus en plus concurrentielles

D’ailleurs, les européens font face à une forte concurrence, car 61% des sondés estiment que les entreprises chinoises dans leurs secteurs sont désormais «aussi ou plus innovatrices» que les firmes du Vieux continent.

«Un nombre croissant d’entreprises européennes observent un niveau d’innovation en Chine comparable à l’Europe ou l’Amérique», a expliqué Roland Berger, chef de l’Asie Denis Depoux.

Pour ce dernier, «cela peut perturber les entreprises européennes, mais c’est aussi le signe que le temps est venu de tirer parti de la R&D chinoise, de l’ingéniosité commerciale des entrepreneurs chinois, soit pour développer de nouvelles applications, soit pour les tester sur un marché chinois assoiffé d’innovation».

Mats Harborn a souligné que désormais «les entreprises chinoises deviennent de plus en plus fortes et compétitives, il est temps pour la Chine de supprimer les roues de formation afin de créer une économie durable à long terme».

«Nous avons constaté certaines améliorations cette année dans des domaines (…) mais nous sommes encore loin d’un environnement qui favorise une concurrence loyale», a déploré ce dernier. Finalement, la Chine n’est plus une destination principale des investissements que pour 18% des entreprises européennes, contre 23% auparavant.

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