dimanche, mars 24

Les manifestants hongkongais défient la police

Des milliers de Hongkongais ont bravé ce 20 octobre l’interdiction de manifester pour descendre dans les rues, afin de faire part de leur colère après les violentes agressions dont ont été victimes deux militants pro-démocratie.

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Les autorités hongkongaises ont interdit le rassemblement organisé à Tsim Sha Tsui, un quartier très peuplé abritant des boutiques de luxe et des hôtels. Elles avaient invoqué des raisons de sécurité, après les violents affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants radicaux.

Or pour ce vingtième weekend consécutif de manifestationsce, des milliers de personnes se sont jointes à ce rassemblement interdit afin de maintenir la pression sur le gouvernement local acquis à Pékin.

Hong Kong fait face depuis juin à sa pire crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des manifestations et actions quasi quotidiennes pour dénoncer un recul des libertés, mais aussi les ingérences grandissantes de Beijing dans les affaires de sa région semi-autonome.

Depuis l’interdiction par les autorités début octobre du port du masque lors des manifestations, Hong Kong est le théâtre d’une flambée de violence, avec de nombreux actes de vandalisme ciblant des sociétés accusées de soutenir le gouvernement pro-Pékin.

Mais les violentes agressions dont ont été victimes deux militants pro-démocratie cette semaine a exacerbé la contestation et renforcé la volonté des manifestants à se mobiliser.

Le 16 octobre, Jimmy Sham, une des figures du mouvement pro-démocratie, a été hospitalisé après avoir été violemment agressé à coups de marteau par des inconnus. Le militant est le principal porte-parole du Front civil des droits de l’homme (FCDH), une organisation qui prône la non-violence et est à l’origine des plus grandes manifestations pacifiques de ces derniers mois.

Le 19 octobre, un homme de 19 ans, qui distribuait des tracts appelant à manifester a été grièvement blessé par un assaillant qui l’a poignardé au cou et à l’abdomen. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent l’assaillant tenant un couteau après l’attaque et criant « Hong Kong fait partie de la Chine » et « Vous avez semé la pagaille à Hong Kong ».

Figo Chan, membre du FCDH, a déclaré que « si nous ne sortons pas demain, la violence prévaudra et s’intensifiera: la violence infligée par le régime, la police et les triades locales ». Au sein des deux camps, pro-démocratie comme pro-Beijing, la violence s’intensifie, amplifiant encore plus le clivage idéologique.