Les autorités hongkongaises ont interdit le port du masque et même des masques à gaz pour se protéger des gaz lacrymogènes, utilisés massivement par les manifestants pour éviter d’être identifiés.

L’exécutif hongkongais compte ainsi mettre fin à quatre mois d’une crise politique inédite dans l’ex-colonie britannique. Depuis début juin, Hong Kong est le théâtre d’actions quasi quotidiennes pour dénoncer le recul des libertés et les ingérences grandissantes de Beijing dans les affaires de la région semi-autonome.

Ni le pouvoir central chinois, ni l’exécutif hongkongais pro-Beijing, ne sont parvenus à calmer la contestation, qui donne lieu à des affrontements de plus en pus violents entre radicaux et forces de l’ordre.

Pour ne pas être identifiés et éviter de futures poursuites judiciaires, les manifestants portent pour la plupart des masques faciaux, et souvent des casques, des lunettes de protection et des masques à gaz pour se protéger des gaz lacrymogènes et des projectiles tirés par la police.

D’après le South China Morning Post, les autorités hongkongaises espèrent dissuader les manifestants de descendre dans les rues en invoquant une loi d’urgence datant de l’époque coloniale qui ne nécessite pas un vote du LegCo, le « Parlement » local.

La cheffe de l’exécutif Carrie Lam doit annoncer le 4 octobre cette décision. Celle-ci viendrait de la journée la plus violence à Hong Kong depuis le début de la mobilisation. En effet, une « journée de colère » a été organisé par les manifestants lors du 70ème anniversaire de la République populaire de Chine.

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Mardi 1er octobre, un policier a pour la première fois tiré à balle réelle à bout portant sur un manifestant, qui a été gravement blessé. Suite à cela, des élus pro-Beijing ont demandé à Carrie Lam d’agir.

« Si nous avions cette loi, elle aurait un effet dissuasif sur certaines personnes », a déclaré ce 3 octobre la députée Elizabeth Quat. « Nous ne parlons pas de manifestations pacifiques. Nous parlons de gens qui se livrent à des violences illégales. »

Mais pour l’élu pro-démocratie Dennis Kwok, le recours à la loi d’urgence marquerait « le début d’un glissement vers un Etat autoritaire ». « Les autorités devraient avoir déjà entendu les Hongkongais. Leur soif de liberté et de démocratie, ne va pas disparaître. »