« La Chine offre aux autres pays émergents une énorme opportunité de doper et de diversifier leurs exportations« , a assuré le nouvel ambassadeur d’Argentine en Chine, Diego Guelar. Pourtant, le ralentissement économique de la 2nde puissance économique mondiale se fait ressentir sur les pays émergents, dépendants des exportations chinoises.

Touchée par l’effondrement des cours des matières premières, l’économie mondiale – auparavant soutenue par l’essor de la Chine de ces 30 dernières années – est impactée par le ralentissement économique chinois, mais les principaux pays concernés sont les émergents. L’Afrique et l’Amérique latine sont les principaux exportateurs de matières premières de l’Empire du milieu.

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Inquiétudes des institutions internationales

Le Fonds monétaire international (FMI) a exprimé en janvier son inquiétude sur les « répercussions » de l’essoufflement du géant asiatique « sur d’autres pays par la voie du commerce et du recul des cours des produits de base », après la publication des chiffres de la croissance chinoise en 2015, basé à 6,9%.

« Les pays producteurs de matières premières sont déjà en train de payer le prix fort » de la chute des cours provoquée par la chute de la demande chinoise, a expliqué à l’AFP Christine Rifflart, auteur d’une récente étude de l’OFCE intitulée « Pays émergents: la fin de la très grande illusion ».

« Ce ralentissement marqué en Chine engendre des dégâts collatéraux qui se traduisent par des récessions très marquées dans les pays exportateurs de matières premières » qui se retrouvent avec des dettes importantes accumulées en période de croissance, alors qu’ils leurs étaient facile de se financer sur les marchés.

Pour Raphaël Cecchi analyste spécialiste de la région asiatique du Groupe Credendo, le « Brésil, Nigéria, Angola et Russie sont touchés de plein fouet par le ralentissement chinois, via les matières premières« , ainsi que l’ancien bloc soviétique, l’Afrique et l’Amérique latine.

D’ailleurs, la Chine est le premier partenaire commercial de nombreux pays d’Asie-Pacifique, et les flux d’import-export intra-régionaux n’ont cessé d’augmenter au cours des années. Cependant, « l’impact du ralentissement chinois varie cependant énormément d’un pays à l’autre, en fonction de la structure de son économie, du cycle dans lequel se trouve chaque pays et de sa situation politique« , a indiqué Raphaël Cecchi au quotidien belge, L’Écho.

Mais les pays les plus affectés sont les grands exportateurs de matières premières comme la Malaisie et l’Indonésie, leurs perspectives de croissance baissent et leurs monnaies s’affaiblissent vis-à-vis du dollar. Jean-Michel Six, chef économiste de l’agence de notation Standard and Poor’s pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, a expliqué que les inquiétudes portent principalement sur « les perspectives des pays émergents hors Chine et, en particulier, les pays producteurs de matières premières ».

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L’Amérique latine touchée de plein fouet

Pourtant du côté, des dirigeants latino-américains, l’inquiétude n’est pas affichée. L’ambassadeur d’Argentine en Chine, Diego Guelar a salué ce 12 mars le processus de réformes en cours en Chine et estimé que cela pourrait avoir « un impact positif sur ses partenaires commerciaux« . « Nous ne considérons pas la Chine comme une bouée de sauvetage, mais comme un élément du développement de l’Argentine« , a-t-il affirmé lors d’une intervention devant le Sénat argentin.

La Chine est un important investisseur en Amérique latine, près de 90% de l’ensemble de ses investissements sont axés sur l’industrie primaire et les projets d’infrastructures et de logistique. Beijing est également un financier de premier plan. Raison pour lesquelles, le ralentissement de sa croissance a de nombreux impacts sur des pays comme l’Argentine, l’Équateur et le Venezuela.

D’autant que 20% des exportations brésiliennes vont vers l’Empire du milieu et 17% des importations brésiliennes en proviennent, d’après Euler Hermes. Le Pérou, le Chili et le Venezuela sont les plus dépendants de la Chine en termes d’exportations, avec respectivement, 25% pour les deux premiers et 22% pour le troisième.

Ainsi « sur les seules 15 dernières années, les échanges commerciaux entre les pays d’Amérique latine et la Chine ont été multipliés par vingt. En outre, la Chine vise un doublement des chiffres actuels, pour atteindre environ 500 milliards USD d’échanges bilatéraux en 2019« , d’après Ludovic Subran, Chef économiste d’Euler Hermes. Et Beijing souhaite « faire monter le total des investissements chinois en Amérique latine à 250 milliards d’ici 2020« , selon chine-info.com.

Depuis 2012, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Amérique latine décélère passant de 261,6 milliards de dollars en 2013 à 263,3 milliards en 2014, soit un taux de croissance de 0,65 % contrastant avec la dynamique des 30 dernières années. De 2000 à 2011, la part intra-régionale de l’Amérique latine est passée de 5% à 9%, tandis que la part de la Chine a fait un bond de 1% à 11%, d’après le rapport de l’OCDE sur les Perspectives économiques de l’Amérique latine 2016.

Dés son arrivée, Xi Jinping avait donné la priorité aux relations avec les pays émergents, pour son développement économique et accentuer son influence en Afrique, en Amérique latine et en Asie, des régions où la croissance économique est dynamique et les oppurtinités plus importantes.