vendredi, juillet 12

Liberté de la presse : Taïwan 43ème du classement 2020 de RSF

Selon Reporters Sans Frontières, la Corée du Sud et Taïwan sont les deux seuls pays en Asie de l’Est où la situation de la liberté de la presse est jugée «satisfaisante».

La République de Chine occupe la 43ème position du Classement mondial de la liberté de la presse 2020, publié le 21 avril par l’organisation Reporters sans frontières (RSF). En recul d’un rang par rapport à l’an dernier, Taïwan prend la deuxième place en Asie, juste derrière la Corée du Sud (42e).

Pour RSF, à Taïwan, «la logique commerciale à laquelle sont désormais contraints les organes d’information favorise la polarisation et une recherche du sensationnalisme, ce qui contribue à décrédibiliser un peu plus les médias et à accentuer la crise de confiance du public».

D’après l’ONG, «peu de mesures concrètes ont été engagées pour améliorer l’indépendance éditoriale des journalistes et favoriser l’essor de médias contribuant à relever la qualité du débat public».

«Cette faiblesse est exploitée par la Chine, qui exerce des pressions sur les patrons de presse taïwanais – ceux-ci ont pour la plupart des intérêts commerciaux importants sur le continent», a ajouté RSF.

La zone Asie-Pacifique possède cette année la plus forte dégradation de son score régional, entre les menaces pesant sur le secret des sources en Australie (26e), la loi sur les fausses informations à Singapour (158e), et le traitement des journalistes lors des manifestations pro-démocratiques à Hongkong (80e). La Chine se situe à la 177ème place.

Pour RSF, ce classement qui évalue tous les ans la situation du journalisme dans 180 pays et territoires démontre que les dix prochaines années seront sans doute «une décennie décisive» pour la liberté de la presse en raison de crises qui affectent l’avenir du journalisme.

Parmi ces évènements, il y a les crises géopolitique (agressivité des modèles autoritaires), technologique (absence de garanties démocratiques), démocratique (polarisation, politiques de répression), de confiance (suspicion, voire haine envers les médias d’information) et économique (appauvrissement du journalisme de qualité).

De plus, «l’épidémie de coronavirus fournit une illustration des facteurs négatifs pour le droit à l’information fiable, et elle est même un facteur multiplicateur», a indiqué le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. Pour ce dernier, la pandémie de Covid-19 a amplifié la propagation des rumeurs et des fausses informations aussi vite que le virus.

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