L’île Maurice a autorisé l’Inde à implanter une base militaire sur l’île d’Aléga, selon le site d’information indien, The Wire. Cette affaire a été révélé par le journal indien The Wire, le 15 juillet 2022.

D’après Sherry Singh, ancien directeur général de la compagnie Mauritius Telecom (MT), a révélé, le 1er juillet 2022, qu’une société étrangère, a installé un appareil sur le câble Safe internet, afin de contrôler le contenu des échanges des utilisateurs.

Maurice fait face à une controverse politique en raison des allégations selon lesquelles le gouvernement du Premier ministre Pravind Jugnauth aurait autorisé l’installation d’équipements de surveillance par une équipe de techniciens indiens, à son principale station d’atterrissage du câble Internet.

Le 30 juin 2022, Sunny Singh, PDG de Mauritius Telecom, a démissionné d’un poste qu’il occupait depuis sept ans. « Je suis incapable de continuer sans compromettre mes valeurs et ce n’est pas une option pour moi », a-t-il écrit dans une lettre aux employés de l’entreprise qui fournit des services téléphoniques et internet.

Depuis, le directeur de la technologie de MT a également démissionné, notant indirectement que lui aussi « fait le choix de respecter mes valeurs et de faire ce qu’il faut ».

Dans une interview à la radio, Sunny Singh a révélé qu’il a démissionné car le Premier ministre mauricien, Pravind Jugnauth lui avait demandé de permettre à un « tiers » d’installer un équipement pour surveiller le trafic Internet à la station de débarquement de Baie Jacotet sur la côte sud de l’île Maurice.

La question a été soulevée par l’opposition au Parlement le 5 juillet. Pravind Jugnauth a nié avoir émis un quelconque ordre d’installation d’équipement « pour permettre l’interception, la surveillance ou l’enregistrement du trafic Internet à destination et en provenance de Maurice ».

Mais la polémique n’a de cesse d’enfler. Le 5 juillet, Pravind Jugnauth a expliqué qu’il y avait « un problème de sécurité, et il fallait faire une enquête à Maurice. J’ai personnellement approché Shri Narendra Modi pour envoyer une équipe compétente pour cette enquête. A Maurice, nous n’avons pas les techniciens pour cette enquête, mais même si nous en avions, nous avons préféré opter pour cette équipe indienne de techniciens. »

Ce dernier a également mit en cause Sunny Singh qui l’aurait embarrassé vis-à-vis de l’Inde, car ce dernier ne souhaitait pas collaborer. « Qu’étais-je censé dire à Shri Narendra alors que je partais le lendemain pour l’Inde », a-t-il dit.

Pour de nombreux observateurs à Maurice, la demande d' »enquête » sur la station Internet émanait très probablement de Narendra Modi. L’opposition a maintenant exigé une enquête indépendante, mais Pravind Jugnauth a demandé à la police d’ouvrir une enquête sur Sherry Singh. De fait, la gendarmerie mauricienne devra terminer son travail.

Alors qu’à l’île Maurice, les esprits se sont calmés, en Inde, la tension reste forte. Certains observateurs attestent que le gouvernement Modi avait l’intention de surveiller la Chine. Interviewé par Le Mauricien, Abhijit Singh Head de la Maritime Policy Initiative de l’Observer Research Foundation, a expliqué que la présence de la Chine dans l’océan Indien est aussi reconnue par l’Inde. «C’est une force qui émerge dans l’océan Indien», a souligné ce dernier, ajoutant que la Chine a une base à Djibouti.

Image de Une : Narendra Modi (Inde) et l’ancien Premier ministre, Anerood Jugnauth (Maurice)