La veuve du dissident chinois Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix 2010, s’est dit prête à se laisser mourir à son domicile, où elle est maintenue en résidence surveillée sans n’avoir fait l’objet d’une quelconque condamnation, a rapporté un de ses proches.

La poétesse Liu Xia a été placée de facto en résidence surveillée depuis que son mari a obtenu le prix Nobel en 2010 et jusqu’à aujourd’hui. Depuis l’Allemagne, l’écrivain en exil Liao Yiwu a révélé qu’il s’était entretenu avec Liu Xia, ajoutant qu’elle était fortement déprimée par le refus du gouvernement de la laisser quitter la Chine.

«Aujourd’hui, je ne crains plus rien. Si je ne peux pas partir, je me laisserais mourir à la maison (…) Mourir comme un acte de défi serait pour moi la chose la plus facile au monde», a-t-elle déclaré, selon des propos rapportés par Liao Yiwu.

Selon ce dernier, les autorités chinoises ont fait miroiter Liu Xia, 56 ans, depuis la mort de son mari en une possible autorisation de se rendre en Allemagne, où elle souhaiterait s’installer.

L’ambassade d’Allemagne à Beijing s’était tenue prête début avril à organiser son transfert vers Berlin mais l’opération n’a pu se faire, selon Liao Yiwu.

Dans un entretien au quotidien hongkongais South China Morning Post, l’ambassadeur de l’Allemagne, Michael Clauss, a assuré que Berlin était prêt à accueillir la veuve du dissident, dont les Etats-Unis et l’Union européenne réclament la libération.

«Nous espérons que Liu Xia pourra finir par jouir de la liberté de mouvement afin de se rendre là où elle le souhaite. Il s’agit d’une préoccupation que l’Allemagne a mise en avant depuis longtemps déjà, tout comme le fait qu’elle est la bienvenue en Allemagne si cela est toujours son désir», a déclaré Michael Clauss.

Liu Xia « de retour » à Beijing après sa « disparition »