Quarante pays africains pourront tester le nouveau coronavirus à la fin de la semaine, grâce à des kits de dépistage envoyés par l’OMS, après la confirmation par les autorités sanitaires égyptiennes d’un premier cas sur le continent.

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Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que bon nombre des pays africains avaient envoyé des échantillons pour des tests et attendaient toujours les résultats, après plusieurs jours. « Maintenant, ils peuvent le faire eux-mêmes, dans les 24 à 48 heures », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Jusqu’à il y a une dizaine de jour, il n’y avait que deux laboratoires sur le continent de 54 pays – au Sénégal et en Afrique du Sud – avec les réactifs nécessaires pour tester le virus. Cela signifiait que des dizaines de pays, qui avaient mis en quarantaine des patients suspects, envoyaient des échantillons en Afrique du Sud ou au Sénégal pour être testés.

Face à cette situation et pour éviter la contagion, l’OMS a envoyé des kits de réactifs pour le diagnostic des coronavirus à plus de 20 pays africains, afin d’intensifier le diagnostic du virus Covid-19.

Ces kits de test ont été envoyés au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en République démocratique du Congo, en Égypte, en Éthiopie, au Gabon, au Ghana, au Kenya, au Maroc, au Nigéria, en Tunisie, en Ouganda et en Zambie. L’organisation a ajouté que davantage de pays africains devraient recevoir des kits de test cette semaine.

Le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus a expliqué que certains pays, dont la République démocratique du Congo, utilisent des systèmes développés pour tester le virus mortel Ebola, ils pourront désormais tester le coronavirus.

«Il s’agit d’un excellent exemple de la façon dont l’investissement dans les systèmes de santé peut apporter des dividendes pour la sécurité sanitaire», a déclaré le patron de l’OMS.

Plusieurs pays, dont l’Éthiopie et le Soudan du Sud, accordent la priorité à la surveillance et au suivi aux points d’entrée des mouvements de masse, afin de réduire les risques de contagion, a-t-il déclaré.

«Nous travaillons également avec des partenaires dans certains des contextes les plus fragiles, dans des pays allant de la Syrie à la République centrafricaine, pour préparer les pays à l’arrivée du virus», a souligné Tedros Adhanom Ghebreyesus.

L’OMS et les responsables de la santé égyptiens ont confirmé qu’un étranger de 33 ans avait été testé positif pour le coronavirus. Le ministère égyptien de la Santé a déclaré que le patient avait été testé positif au virus sans aucun symptôme. Ce fait laisse craindre qu’il puisse y avoir des cas non détectés sur le continent, alors que les pays se bousculent pour équiper des laboratoires pour tester la maladie.

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Le patient asymptomatique en Égypte a été identifié par le dépistage des contacts d’un cas index qui s’est rendu au Caire lors d’un voyage d’affaires du 21 janvier au 4 février et a été testé positif pour le virus le 11 février en Chine, a déclaré le bureau régional de l’OMS.

Le Covid-18 a tué plus de 2 000 personnes et infecté plus de 74 000 depuis le début de l’épidémie dans le centre de la Chine en décembre. Il s’est étendu à plus de 20 pays.

Des mesures de filtrage ont été renforcées à travers le continent africain, notamment la mise en quarantaine de tous les passagers en provenance de Chine. En effet, de nombreux spécialistes s’inquiètent pour les pays les plus pauvres, qui ont des systèmes de santé plus faibles et auront très certainement plus de mal à faire face à une épidémie de coronavirus.

D’autant plus que près d’une douzaine de pays n’ont toujours pas la capacité de dépister la maladie de type pneumonie. D’ailleurs, certains experts craignent que les liens étroits entre la Chine et l’Afrique exposent le continent à un risque élevé de propagation du nouveau coronavirus. L’Afrique abrite des millions de chinois, des milliers d’africains se rendent en Chine, et l’Empire du milieu est le plus grand partenaire commercial de l’Afrique depuis 2009.

Cependant, le directeur des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies pour l’Afrique, John Nkengasong, a déclaré qu’il avait «investi dans la préparation et la réponse à la maladie».

Ce dernier a déclaré qu’il travaillait en étroite collaboration avec l’OMS et d’autres partenaires pour s’assurer que l’Égypte disposait de tous les outils de diagnostic dont elle avait besoin et que les bonnes mesures étaient prises pour contenir les propagation du virus.

«Nous pensions que l’épidémie de Covid-19 aurait inévitablement un impact sur l’Afrique. C’est pourquoi le CDC Afrique a travaillé activement avec les États membres de l’Union africaine et ses partenaires au cours des quatre dernières semaines et investi dans la préparation et la réponse à la maladie », a-t-il déclaré.

La semaine dernière à Dakar, au Sénégal, «nous avons organisé une formation et fourni des kits de test à 16 laboratoires africains, y compris égyptien», a indiqué ce dernier. D’ailleurs, l’Égypte a également reçu des kits de test supplémentaires de l’OMS.

Le CDC Afrique formerait 40 agents de santé de neuf pays, dont l’Égypte, sur «l’amélioration de la détection et de l’investigation de Covid-19 aux points d’entrée», a précisé le directeur des centres.