Londres cherche les moyens légaux et économique d’empêcher une entreprise publique appartenant à la Chine de participer à de nouveaux projets de centrales nucléaires dans le pays, selon les médias britanniques.

Cette mesure pourrait accentuer la tension de plus en plus vives entre la Chine et le Royaume-Uni, dont les relations diplomatiques sont au plus mal sur des dossiers comme Hong Kong ou le traitement des Ouïghours au Xinjiang.

Selon l’agence PA (regroupement de journaux anglais), des membres du gouvernement britannique envisagent de bloquer toute participation du China General Nuclear Power Group (CGN) dans le nucléaire britannique.

L’agence a cité une source gouvernementale qui confirme une information révélée par le Financial Times. Ainsi, China General Nuclear Power Group pourrait donc être exclu du projet de Sizewell, auquel il participe comme partenaire minoritaire aux côtés d’EDF.

CGN pourrait aussi être exclu du projet Bradwell, qui est moins avancé mais sur lequel la société chinoise est seule à la manœuvre et qui serait équipé de sa propre technologie.

Toutefois, le projet Hinkley Point, porté par EDF et CGN, ne serait pas concerné, car le projet est déjà bien engagé. De plus, il s’agit de la seule centrale nucléaire en cours de construction dans le pays. Celle-ci devrait être opérationnelle dans quelques années.

Interrogé par l’Agence France Presse, le ministère britannique des Entreprises, de l’Énergie et de la Stratégie Industrielle n’a ni confirmé ni démenti les informations diffusées dans les médias. Il a cependant souligné que tous les projets nucléaires devaient respecter « les exigences de sécurité nationale, pour protéger nos intérêts ». De son côté, EDF Energy, la filiale britannique du géant français, n’a pas souhaité faire de commentaires.

Côté chinois, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a déclaré avoir pris connaissance des articles de presse en question et insisté sur le besoin d’une « coopération pragmatique » entre son pays et le Royaume-uni.

Ce dernier a indiqué lors d’un point presse hebdomadaire que Londres doit « fournir aux entreprises chinoises un environnement commercial ouvert, équitable et non-discriminatoire », a-t-il insisté.

En excluant China General Nuclear Power Group, Londres doit rapidement trouver d’autres partenaires dans le nucléaire, alors que les projets du pays dans ce secteur ont été freinés en 2020 avec l’abandon par le conglomérat industriel japonais Hitachi de son projet de centrale au Pays de Galles.

L’influence de la Chine dans les affaires économiques britanniques est souvent dénoncée par certains députés conservateurs, notamment après la décision du gouvernement d’exclure l’équipementier Huawei du réseau 5G.

D’ailleurs, dans un rapport mi-juillet, le centre d’évaluation de cybersécurité de Huawei (HCSEC), sous l’égide du gouvernement britannique, a estimé que les produits du géant chinois des télécoms et de la 5G, Huawei, n’atteignaient pas encore les standards en matière de sécurité.

Malgré des «progrès soutenus», a indiqué  le rapport consulté par le Financial Times, de nouveaux problèmes ont été découverts.

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Début juillet, les inquiétudes avaient porté sur le rachat par un groupe chinois du gallois Newport Wafer Fab, le plus grand fabricant britannique de semi-conducteurs.