Le ministre philippin des affaires étrangères, Perfecto Yasay, a déclaré devant le Sénat de son pays que le conflit territorial avec son voisin en mer de Chine méridionale  ne sera pas résolu « au cours de notre vie ».

Raison pour laquelle, ce dernier préconise de mettre de côté la question et d’éviter toute confrontation avec la Chine. Le ministre défendait la position du président Rodrigo Duteret de ne pas faire appliquer la décision de la Cour Permanente d’Arbitrage du 12 juillet 2016, affirmant que la Chine n’était pas souveraine dans les îles disputées de Spratleys.

Perfecto Yasay a indiqué qu’une confrontation ne sera bénéfique pour personne. Pour ce dernier, la position de la Chine et ses objectifs stratégiques en mer de Chine méridionale signifiaient qu’une résolution était peu probable.

« Je ne crois pas personnellement … que cela sera résolu bientôt, je crois que peut-être il ne sera pas résolu pendant notre vie, mais l’option n’est pas la guerre, que nous nous engageons à force d’affirmer nos revendications », a-t-il déclaré devant les sénateurs, cité par l’agence de presse Reuters.

« Je ne dis pas cela catégoriquement … mais maintenant, comme vous me posez cette question, sur la base de ce que je sais et sur la base des déclarations qui ont été faites, je ne suis pas aussi optimiste« , a ajouté ce dernier.

D’ailleurs, ce dernier s’est fait le relais des membres de l’ASEAN, réunis à Boracay, en indiquant que plusieurs de ses homologues avaient exprimé leur « vive inquiétude »  face aux ambitions territoriales croissantes de Beijing en mer de  Chine méridionale.

Toutefois, ces derniers souhaitent la poursuite du dialogue avec les autorités chinoises plutôt qu’une confrontation parfois évoquée par l’administration Trump. En effet, la nouvelle politique étrangère de Rodrigo Duterte est de capitaliser sur une « convergence de nos intérêts », a indiqué le chef de la diplomatie.

D’autant plus que le nouveau président philippin a préféré tourner le dos à Washington, pour s’allier à la Chine et à la Russie. Cependant, ce dernier n’a pas remis en question le traité de défense mutuelle, signé en 1951 avec les Etats-Unis.

 

Récif de Scarborough : Manille veut conserver sa main mise