Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants américaine, est arrivée ce 2 août en Malaisie, deuxième étape d’une tournée asiatique, la tension monte entre la Chine et les Etats-Unis en raison d’une visite possible à Taïwan.

La Chine considère Taiwan comme une province rebelle à réunifier, et a plusieurs fois mis en garde Washington contre une visite de la haute responsable qui serait vécue comme une provocation majeure.

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Nancy Pelosi a atterri sur une base aérienne malaisienne avant de rencontrer le Premier ministre et le président de la chambre basse du Parlement, a rapporté l’agence de presse nationale Bernama.

Après Singapour et la Malaisie, elle prévoit de se rendre en Corée du Sud et au Japon. Le flou est sciemment entretenu autour d’une possible visite à Taïwan. Selon le China Press, un journal malaisien de langue chinoise, elle doit arriver à Kuala Lumpur aujourd’hui pour sa deuxième escale.

Bien que le gouvernement malaisien n’ait pas annoncé d’itinéraire officiel, le journal cite une source proche du ministère disant qu’elle ne resterait que quelques heures. Plusieurs titres de la presse internationale affirment cependant qu’une visite est bien prévue, le Financial Times évoquant une rencontre entre Nancy Pelosi et la dirigeante de Taïwan, Tsai Ing-wen.

La Maison Blanche se montre gênée par la situation et tente de calmer les dirigeants, mais John Kirby, son porte-parole a affirmé que Mme Pelosi avait « le droit de visiter Taïwan ».

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« Il n’y a pas de raison pour que Pékin fasse de cette visite, qui ne déroge pas à la doctrine américaine de longue date, une forme de crise », a-t-il ajouté. De nombreux observateurs estiment qu’un conflit armée est peu probable, mais des responsables américains ont dit se préparer à de possibles démonstrations de force de l’armée chinoise, comme des tirs de missiles dans le détroit de Taïwan ou des incursions aériennes massives autour de l’île.

Ce 2 août, le ministère de la Défense taïwanais s’est dit « déterminé, capable et confiant » qu’il pourra protéger Taiwan contre les menaces de la Chine. « Nous préparons méticuleusement plusieurs plans et les troupes adéquates seront déployées pour répondre (…) à la menace posée par l’ennemi« , a assuré le ministère dans un communiqué.

Les Etats-Unis pratiquent à l’égard de Taïwan une diplomatie dite d’« ambiguïté stratégique », c’est-à-dire qu’ils reconnaissent la République populaire de Chine, comme le seul représentant de la Chine, y compris Taiwan. Mais ils continuent d’apporter un soutien politique, diplomatique et militaire à Taipei, tout en s’abstenant de dire s’ils défendraient ou non militairement l’île en cas d’invasion. John Kirby a réitéré que cette politique restait inchangée.

De son côté, le journal taïwanais Liberty Times a cité des sources anonymes selon lesquelles Nancy Pelosi atterrirait sur l’île le 2 août dans la soirée et rencontrerait Tsai Ing-wen mercredi 3 août, avant de repartir dans l’après-midi.

La semaine dernière, à l’occasion d’un entretien téléphonique avec le président américain Xi Jinping avait appelé les Etats-Unis à ne « pas jouer avec le feu ». « Telle que nous la voyons, pareille visite semble très dangereuse et très provocatrice », a indiqué l’ambassadeur chinois aux Nations unies, Zhang Jun, lors d’une conférence de presse. « Si cette visite a lieu, elle affaiblira également la relation entre la Chine et les Etats-Unis, je suis sûr que les Etats-Unis comprennent cela ».

Pour appuyer les déclarations faites par le ministère des affaires étrangères, les militaires chinois ont diffusé le 1er août sur internet une vidéo montrant des soldats criant qu’ils sont prêts au combat, des chasseurs en train de décoller, des parachutistes sauter d’un avion ou encore une pluie de missiles qui anéantissent diverses cibles.

L’hypothèse d’une visite imminente de la haute responsable américaine a fait chuter les Bourses en Asie, les investisseurs s’inquiétant des risques d’escalade avec la Chine.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a de nouveau assuré que qu' »une visite de Nancy Pelosi à Taïwan ne sera pas tolérée ». « La partie chinoise est pleinement préparée à toute éventualité », a averti ce dernier, ajoutant que « la Chine prendra certainement des mesures fortes et résolues pour sauvegarder sa souveraineté et son intégrité territoriale ».

Concernant les mesures évoquée, si Nancy Pelosi se rendait à Taïwan, Zhao Lijian a indiqué que « si elle ose y aller, alors vous verrez ». Cet avertissement survient alors que Mme Pelosi est arrivée lundi à Singapour, première étape de son voyage en Asie, qui la conduira également en Malaisie, en Corée du Sud et au Japon. Bien que Taïwan ne figure pas sur son itinéraire, des médias internationaux tels que CNN ont cité des responsables taïwanais et américains non identifiés disant qu’elle pourrait se rendre sur l’île.

La Chine a exprimé aux États-Unis sa ferme opposition à une éventuelle visite de Nancy Pelosi à Taïwan, « il est estimé que les États-Unis sont pleinement conscients du message fort et clair envoyé par la partie chinoise ».

« Si Mme Pelosi, qui est deuxième dans l’ordre de succession à la présidence américaine, se rend à Taïwan, ce serait une ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Chine, cela saperait gravement la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Chine, et cela piétinerait le principe d’’une seule Chine' », a indiqué le porte-parole.

Zhao Lijian a également critiqué « les propos irresponsables » du coordinateur du Conseil de sécurité nationale des États-Unis pour les communications stratégiques, John Kirby, qui a déclaré qu’il n’y avait aucune raison pour que la Chine et les États-Unis en viennent aux mains » si Nancy Pelosi se rendait à Taïwan.

« Étant donné que les États-Unis ont récemment commencé à souligner la nécessité de défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale d’un pays, nous espérons que les États-Unis honoreront d’abord leurs paroles sur la question de Taïwan et cesseront d’appliquer des doubles standards », a assuré le porte-parole.

Lors de sa rencontre avec Nancy Pelosi, le 1er août, le Premier ministre singapourien Lee Hsien Loong a souligné l’importance de relations stables entre les États-Unis et la Chine pour la paix et la sécurité régionales.