La Chine a annoncé l’organisation ce 30 juillet 2022 d’un exercice militaire «à munitions réelles» dans le détroit de Taïwan. Cette décision a été prise avant une possible visite controversée de la cheffe des députés américains, Nancy Pelosi, à Taïwan.

Les manœuvres étaient toutefois limitées en superficie et auront lieu à proximité immédiate des côtes chinoises.

La Chine juge qu’une visite de Nancy Pelosi serait une provocation majeure et menace depuis plusieurs jours de «conséquences» si elle mène à bien son projet de déplacement.

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La Chine considère Taïwan, une île peuplée d’environ 23 millions d’habitants, comme l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas encore réussi à réunifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise (1949).

Des responsables américains se rendent fréquemment dans cette île, mais la Chine juge qu’une visite de Nancy Pelosi, l’un des plus hauts personnages de l’État américain, serait une provocation majeure.

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Dans ce contexte, les autorités chinoises chargées de la sûreté maritime ont indiqué qu’un «exercice militaire» serait organisé samedi au large de l’île de Pingtan, dans la province chinoise du Fujian (est) située en face de Taïwan.

«Des tirs à munitions réelles seront effectués (…) entre 08h00 et 21h00 (02h00 et 15h00 heure française) et toute entrée (dans ces eaux) sera interdite», a précisé le communiqué daté du 28 juillet, mais diffusé dans les médias le lendemain.

Pingtan est le territoire contrôlé par la République populaire de Chine qui est la zone la plus proche de Taïwan. Le site des manœuvres de ce 30 juillet est située à environ 120 kilomètres des côtes taïwanaises.

Nancy Pelosi n’est pas mentionnée dans le communiqué, mais Pékin a fait savoir à plusieurs reprises cette semaine qu’il y aurait des «conséquences» si elle mène à bien son projet de déplacement.

«Ceux qui jouent avec le feu finissent par se brûler», a d’ailleurs déclaré le président chinois Xi Jinping à son homologue américain Joe Biden au cours d’un entretien téléphonique, au sujet de la question taïwanaise.

Le 29 juillet, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a dit espérer que son pays et la Chine parviendraient à «judicieusement» gérer leurs divergences sur Taïwan. Washington n’a pas de relations diplomatiques avec Taïpeï et reconnaît la République populaire de Chine comme le seul représentant de la Chine.

Mais les États-Unis vendent des armes à l’île et louent son régime «démocratique». De fait, le potentiel voyage de Nancy Pelosi à Taïwan pourrait intervenir ces prochains jours. Le général Mark Milley, le chef d’état-major de l’armée américaine, a déclaré à la presse que si elle demandait «un soutien militaire», il ferait «le nécessaire pour assurer» un déroulement «en toute sécurité» de sa visite.