L’annonce du président chinois Xi Jinping de réduire les émissions de gaz d’ici 2060 place la Chine au cœur de l’agenda vert mondial, et prend le contre-pied des États-Unis et s’associe aux défenseurs européens du climat.

Le président de la Chine, Xi Jinping, a choisi la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre pour annoncer son engagement inattendu d’atteindre son pic de consommation de charbon d’ici 2030 et de devenir neutre en carbone d’ici trois décennies.

L’annonce donne à la Chine – le plus grand pollueur du monde et la deuxième économie du monde – l’occasion de faire preuve de leadership environnemental, au moment où les États-Unis se retirent des engagements internationaux pour le climat, en raison du scepticisme de Donald Trump.

L’annonce de Xi JInping a été salué par l’Union européenne, qui durcit ses propres objectifs d’émissions. «Cela arrive à un très bon moment», a indiqué Wendel Trio, de Climate Action Network Europe, à l’agence de presse Reuters.

La Commission européenne a d’ailleurs lancé sa propre proposition visant à approfondir ses réductions d’émissions à 55% d’ici 2030.

La Chine est devenue un paria diplomatique en raison de la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, les droits de l’homme au Xinjiang, les affrontements avec l’Inde, la gestion de la pandémie de Covid-19, sans oublier les conflits technologique et commercial avec les Etats-Unis, l’Australie et le Canada.

Cependant, l’engagement de 2060 reflète le désir de la Chine de se présenter comme un « acteur international responsable » après une tempête d’attention négative, a ajouté Wendel Trio.

Certains ne sont pas convaincus par l’objectif de la Chine Chine, estimant qu’elle ne peut pas atteindre ses ambitions en matière de carbone. D’autant plus qu’elle se lance dans une frénésie de dépenses en charbon en son sol, et parraine des projets d’énergie sale à l’étranger.

Mais la promesse donne pour la première fois à la Chine la maîtrise d’un grand problème mondial. «L’engagement de Xi Jinping fait partie de son programme plus large de promotion de la Chine en tant que normalisateur mondial», a déclaré Maria Repnikova, politologue à l’Université d’État de Géorgie.

La Chine reste également attachée aux accords de Paris sur le climat, l’effort le plus profond à ce jour pour arrêter le réchauffement calamiteux de la Terre, bien que Trump ait retiré les États-Unis de l’accord.

« La Chine ne se contente plus de suivre les règles et les normes internationales, elle les crée. C’est un changement significatif et un grand contraste avec la rhétorique isolationniste des États-Unis », a déclaré Maria Repnikova, à l’agence de presse britannique, Reuters.