Le président vénézuélien s’est envolé le 12 septembre pour la Chine, afin de convaincre ses hôtes d’apporter leur soutien financier à l’économie de son pays. « Je pars avec beaucoup d’espoir et nous nous reverrons dans quelques jours avec de grands accomplissements », a déclaré le chef d’Etat à la télévision d’Etat avant son départ.

Arrivé en Chine, le président vénézuélien Nicolas Maduro a rendu hommage au « géant » Mao Tsé-toung dans son mausolée sur la place Tiananmen, au coeur de la capitale. Il s’est incliné à trois reprises devant le corps momifié du fondateur de la Chine populaire.

Assurant être « très ému, (car, ndlr) cela ravive le souvenir d’un des plus grands fondateurs du XXIe siècle multipolaire », un « géant de la patrie de l’humanité » et « des idées révolutionnaires« , a affirmé Nicolas Maduro, dans des déclarations diffusées par le réseau télévisé vénézuélien officiel VTV.

Nicolas Maduro s’est ensuite entretenu avec le ministre des affaires étrangères Wang Yi pour la signature de 28 accords, d’une valeur atteignant plusieurs milliards de dollars. Ces protocoles d’accord incluent notamment une coopération renforcée dans l’exploration gazière au Venezuela, une « alliance stratégique » dans l’extraction d’or, et l’approvisionnement du pays sud-américain en produits pharmaceutiques.

En une dizaine d’année, la Chine a investi plus de 50 milliards de dollars (43 milliards d’euros) au Venezuela via des prêts remboursés en pétrole. Cependant, le flux de liquidités s’est réduit depuis 2015, lorsque Caracas a demandé une révision des termes de paiements suite à l’effondrement des cours du brut.

Le ministère vénézuélien des Finances avait déclaré en juillet que le pays d’Amérique latine recevrait 250 millions de dollars (215 M€) provenant de la Banque chinoise de développement, afin de stimuler la production de brut.
Le Venezuela avait obtenu un prêt chinois de 5 milliards de dollars (4,3 mds €), pour également améliorer son secteur pétrolier, mais Caracas n’a pas encore reçu l’intégralité de cette somme, d’après l’agence de presse britannique, Reuters.

Le Venezuela traverse une profonde crise poussant des dizaines de milliers de personnes à fuir le pays. Raison pour laquelle, Nicolas Maduro espère que son voyage, « très opportun et nécessaire« , serait d’une « grande aide » pour encourager le commerce et des « relations financières heureuses » entre les deux pays.

Lors de sa rencontre avec le président chinois, il a longuement complimenté Xi Jinping, saluant son slogan de « destin commun pour l’humanité ». D’après Nicolas Maduro, la Chine dessine pour le monde un destin « sans empire hégémonique qui fait du chantage, domine et attaque les peuples ».

Ce dernier a vivement dénoncé « l’impérialisme » américain, assurant que « la Chine est notre grande soeur ». Le président vénézuélien a assuré que la Chine soutenait « les efforts (du Venezuela) pour parvenir à un développement national stable », selon la télévision d’Etat CCTV.

De son côté, Xi jinping a assuré que la Chine « est prête à renforcer les échanges d’expériences avec le Venezuela sur la manière de gouverner le pays ». Lors de sa visite, le cabinet vénézuélien Ecoanalitica a estimé auprès de l’Agence France Presse que Nicolas Maduro pourrait repartir avec un nouveau prêt de 5 milliards de dollars (4,3 mds €) et un délai pour les remboursements de crédits en cours.