Oby Ezekwesili, cofondatrice de Transparency International, et ancienne vice-présidente nigériane de la Banque mondiale a lancé l’appel #ChinaMustPay le 16 avril dans une longue tribune publiée dans le Washington Post.

Cette dernière a estimé que la Chine devrait payer les pays africains pour les dommages causés par la pandémie de coronavirus. Dans sa tribune, elle explique que « malheureusement et injustement, mon pays, le Nigeria, est l’un des 54 pays africains qui luttent suite à l’échec de la Chine à assumer la responsabilité d’une pandémie qui aurait pu être facilement contenue et localisée ».

La cofondatrice de Transparency International écrit : « étant donné que Pékin n’a pas adhéré à la transparence scientifique et de la recherche de base dans les premiers jours critiques de l’épidémie de Covid-19 à Wuhan, il doit accepter ses responsabilités et accéder à une demande légitime de paiement de sanctions. Il est maintenant clair pour le monde que la gestion de la pandémie par la Chine a été opaque : des informations du domaine public indiquent que la Chine a caché au reste du monde des informations cruciales sur la pandémie. La charge de présenter des informations contrefactuelles convaincantes incombe à la Chine et, jusqu’à présent, elle ne l’a pas fait ».

Cette dernière s’est demandée pourquoi le gouvernement chinois n’a pas encore acceptée la mise en place d’« un groupe d’experts internationaux indépendants » qui examineront et évalueront la manière dont la Chine gère la pandémie de Covid-19.

Pour l’ancienne vice-présidente de la Banque mondiale, « la Chine doit à l’Afrique une compensation encore à estimer, car sa négligence (…) a entraîné une pandémie mondiale à propagation rapide, qui a fait chuter la croissance économique du continent de 2,9 % en 2019 à – 5,1 % en 2020 ».

Cette dernière a estimé que Beijing devrait « atténuer la pression fiscale sévère sur nos pays, en annonçant une annulation de plus de 140 milliards de dollars de prêts que son gouvernement, ses contractants et ses banques ont avancés en Afrique au cours des deux dernières décennies ».

Une fois la dette annulée, Oby Ezekwesili propose la mise en place d’un consortium international composé du G20, de la Chine, de la Commission de l’Union africaine et d’institutions mondiales telles que les Nations Unies, la Banque mondiale et le FMI, afin « d’évaluer l’étendue totale des dommages et la compensation due ».

Oby Ezekwesili explique que son article « #ChinaMustPay est un appel à innover pour trouver des mécanismes mondiaux qui obligent les pays à commencer dès maintenant à avoir les bonnes réactions chaque fois que des risques et des menaces émergent. La Chine a connu la grandeur économique en misant sur l’innovation, n’est-il pas légitime de lui demander d’être partie prenante à la création d’une nouvelle norme mondiale? »

Cette nouvelle norme mondiale se traduirait par un système de sanctions sous la forme d’une taxe mondiale sur la charge du risque qui « sera désormais payable aux pays les plus faibles et les plus vulnérables et à leur population chaque fois qu’ils seront obligés de supporter une charge disproportionnée de risques mondiaux évitables émanant de pays riches et puissants ».

« La Chine doit savoir qu’en ce qui concerne nos vies et nos moyens de subsistance, aucun pays, quelle que soit sa puissance, ne peut plus jamais nous intimider, nous Africains. Pékin devrait faire ce qu’il faut maintenant et accepter la dette qu’il doit à l’Afrique à la suite de ses échecs sur le Covid-19 », a conclu Oby Ezekwesili.