Le président américain Joe Biden a lancé ce 12 mars, lors d’un sommet virtuel avec les Premiers ministres australien, indien et japonais, une initiative commune pour renforcer de manière « drastique » la production de vaccins contre le Covid-19 en Asie du Sud-Est.

Cliquez pour en savoir plus sur les relations entre la Chine et les Etats-Unis

Cette annonce est la première étape de son offensive diplomatique contre la Chine. En effet, la première réunion du « Quad », cette alliance informelle née dans les années 2000 pour contrebalancer la montée en puissance de la Chine, a été relancée par Donald Trump.

« Le fait que le président Biden ait choisi d’en faire un de ses premiers événements multilatéraux démontre l’importance que nous donnons à une coopération étroite avec nos alliés et partenaires de la région indo-pacifique », a annoncé la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki.

Autre signe de la priorité donnée à l’Asie, le Premier ministre japonais Yoshihide Suga sera, dans la « première quinzaine d’avril », le premier dirigeant étranger à être reçu en personne aux Etats-Unis par le nouveau président, a annoncé Tokyo.

Joe Biden, Yoshihide Suga, l’Indien Narendra Modi et l’Australien Scott Morrison doivent annoncer « un accord historique pour développer la capacité de production de vaccins », afin de répondre « aux graves pénuries en Asie du Sud-Est », selon de hauts responsables américains.

L’un d’eux a évoqué des « véhicules financiers complexes qui permettront une augmentation très importante, franchement drastique, des capacités de production de vaccins, jusqu’à un milliard en 2022 ».

Avec cette initiative, le président des Etats-Unis, Joe Biden, s’engage aussi dans la « diplomatie du vaccin ». En effet, ce dernier a martelé qu’il allait d’abord réserver les vaccins achetés par Washington à la population américaine, mais il veut désormais montrer qu’il agit autant que la Chine. Il va donc multiplier les livraisons de doses à travers le monde et notamment en Asie du Sud-Est.

Les décisions prises lors de ce « sommet », et une des raisons d’existence de l’alliance « Quad », est de lutter contre l’influence de la Chine en Asie. Cette démarche se traduit par des discussions sur la « sécurité maritime » et le maintien d’une région indo-pacifique « libre et ouverte ».

« Je pense qu’il y aura une discussion ouverte et honnête sur le rôle de la Chine sur la scène internationale », a assuré un responsable américain. Or l’ex-président Trump a laissé les relations sino-américaines au plus bas depuis leur instauration dans les années 1970.

Son successeur, Joe Biden, va assurer le bras de fer avec la Chine. Ce dernier avait d’ailleurs assuré en février que « si on ne fait rien, ils vont nous écraser ». Il y a donc une forme de continuité Trump-Biden sur la « compétition stratégique » avec le géant asiatique, qualifié de « plus grande menace pour la démocratie » par l’ex-gouvernement républicain et de « plus grand défi géopolitique du XXIe siècle » par l’actuelle équipe démocrate.

Mais la Maison blanche affirme vouloir faire différemment de l’administration Trump, en s’appuyant sur les alliances des Etats-Unis, délaissées ou malmenées par Donald Trump, pour afficher un front uni face à la Chine.