Les déclarations hostiles se sont succédées durant une dizaine de jours, tant de la part des américains que des chinois.

Or désormais, les hostilités sont ouvertes, le gouvernement chinois a assuré son intention de se battre avec « détermination » si les Etats-Unis publiaient une nouvelle liste de taxes sur les importations chinoises.

Le porte-parole du ministre chinois des affaires étrangères, a indiqué le 6 avril que «cela nuit aux intérêts vitaux de la Chine et nuit encore davantage aux intérêts communs de l’économie mondiale».

Une nouvelle liste bientôt publiée par Washington ?

De son côté, le président américain, Donald Trump, a demandé au ministère du commerce «d’examiner si 100 milliards de dollars (82 mds €) supplémentaires de tarifs douaniers seraient adaptés en application de l’article 301 (sur la propriété intellectuelle) et, dans ce cas, d’identifier les produits sur lesquels ils pourraient être imposés».

Ces nouveaux tarifs s’ajouteraient aux quelque 50 milliards de dollars (41 mds €) de taxes déjà brandies le 3 avril par Washington. Or «si les Etats-Unis ignorent l’opposition de la Chine et de la communauté internationale et persistent dans leurs mesures unilatérales et protectionnistes, la Chine est prête à aller jusqu’au bout, quel qu’en soit le prix» ont réitéré les autorités chinoises.

Magré les risques, Donald Trump a assuré que «cela (nr, ndlr) se fera sans peine», mais restant déterminé à réduire le déficit commercial des Etats-Unis avec le géant asiatique (308 milliards d’euros en 2017) qu’il impute aux pratiques commerciales jugées « déloyales » de Pékin.

Le conseiller économique du président, Larry Kudlow, a souligné que les Etats-Unis étaient « sérieux sur la question » et qu’il fallait « accuser la Chine, pas Trump », lors de déclarations à la Maison Blanche.

Mais face aux fluctuations des marchés craignant une véritable guerre commerciale, Larry Kudlow a tenté d’apaiser la situation, assurant que pour le moment, aucune menace n’était effective puisque les taxes proposées sont soumises à une période de consultation pouvant durer deux mois.  Ce dernier a indiqué que les mesures prises visent surtout à faire pression sur la Chine, afin qu’elle ouvre davantage son marché aux produits américains.

Beijing en appelle à la communauté internationale

La Chine tente de rallier à sa cause l’Union européenne, également sous la pression de Washington sur le dossier de l’acier et de l’aluminium. Zhang Ming, ambassadeur chinois auprès de l’UE, a assuré que «la Chine et l’UE ont pour responsabilité de faire respecter l’ordre commercial multilatéral basé sur des règles (…) nous devons agir ensemble».

Cependant, à l’inverse de la Chine, les 28 états membres de l’UE ont pour le moment été exemptés des 25% de taxes sur leurs exportations d’acier et de 10% sur celles d’aluminium à destination des Etats-Unis, tarifs promulgués le 8 mars.

Wang Yi, le ministre chinois des affaires étrangères, en visite à Moscou jeudi, avait appelé à la mobilisation internationale contre Washington « pour défendre dans son ensemble la croissance de l’économie mondiale et aider ceux qui pensent que tout leur est permis à retrouver le bon sens ».

Le gouvernement chinois a en outre décidé de porter plainte à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) contre « les mesures tarifaires visant des produits chinois » que les Etats-Unis entendent mettre en place.

Cette mesure a suscité l’agacement de Donald Trump qui a de nouveau accusé l’organisation internationale, d’être « injuste avec les Etats-Unis ». Selon lui, la Chine y bénéficie au contraire d’un traitement de faveur en raison de son statut « de pays en voie de développement ».