Jérôme Kaboré, président ACBF et fondateur de Tinganews.com, revient pour Chine-Magazine.Com sur sa rencontre avec l’ambassadeur de Chine au Burkina Faso, Li Jian.

Comment avez-vous été accueillis par l’ambassadeur de Chine au Burkina Faso ?

Le 02 septembre 2020, une délégation de l’association Chine-Burkina Fraternité en abrégé ACBF conduite par moi-même a été reçue en audience par Son Excellence Li Jian, Ambassadeur de la République de Chine au Burkina Faso.

Nous avons été bien accueillis par Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur. En réalité, l’ambassadeur Li Jian est connu au Burkina pour être une personne de nature très sympathique, disponible et surtout très modeste.  Il a toujours accueilli tous ceux qu’il reçoit avec respect et considération.

Avec nous, il n’a pas dérogé à la règle. Il faut retenir que l’ambassadeur Li Jian exprime toujours un amour visible pour le Burkina Faso, et par conséquent, il reste beaucoup attaché à toutes les initiatives contribuant à favoriser les relations amicales, voire fraternelles entre les Chinois et les Burkinabé et à accompagner la coopération établie entre la Chine et le Burkina Faso.

Quels sont les sujets évoqués ?

Jérôme Kaboré et Li Jian, Ambassadeur de la République populaire de Chine au Burkina

Avec l’ambassadeur Li Jian, nous avons échangé essentiellement sur notre association, ses objectifs et les raisons de sa création. Nous lui avons présenté notre association, qui s’appelle Association Chine-Burkina Fraternité, en abrégé ACBF, qui est légalement reconnue par les autorités administratives et judiciaires de notre pays.

Nous lui avons également évoqué l’objectif principal qui est d’accompagner la coopération sino-burkinabé par des actions de communication et de sensibilisation.

En clair l’Association Chine-Burkina Fraternité va entreprendre des actions visant à faire mieux connaître la vision de développement et des cultures de la République Populaire de Chine et du Burkina, via les deux peuples chinois et burkinabé, afin de promouvoir davantage la coopération amicale sino-burkinabé.

A son tour, son Excellence Monsieur Li Jian nous a d’abord félicités pour l’initiative. Pour lui, l’établissement d’une coopération sino-burkinabé pour des générations présentes et futures nécessite l’implication et l’engagement de toutes et tous.

Il a ensuite formulé le vœu que nous puissions accompagner réellement la réalisation de tous les grands projets en cours et à venir que nos deux pays, à savoir la Chine et le Burkina Faso, ont convenu de mettre en œuvre pour le bonheur des populations. Enfin il nous a prodigués des conseils.

En tant que président de l’Association Chine – Burkina Fraternité, quels sont les buts de votre structure ?

Comme je l’ai dit plus haut, le but de notre association est d’accompagner la coopération entre la Chine et le Burkina Faso par des actions de communication et de sensibilisation, c’est-à-dire, faire en sorte que les populations des deux pays s’approprient réellement cette coopération.

Car nous savons très bien que la réussite d’une relation diplomatique passe nécessairement par l’amitié, la confiance et la compréhension mutuelle entre les peuples.

En clair, l’association Chine-Burkina Fraternité vise spécifiquement à mener des actions qui contribuent à amener les peuples des deux pays à s’approprier la coopération sino-burkinabé voulue par les dirigeants chinois et burkinabé, à créer des conditions favorables de voyage et de séjour de Chinois au Burkina Faso et de Burkinabé en Chine et de mettre en lumière les actions menées par les deux gouvernements dans le cadre de la coopération sino-burkinabé

Pourquoi un tel intérêt pour la Chine, alors que le pays vient récemment de rompre ses relations avec Taïwan ?

Comme vous le savez, les autorités actuelles du Burkina Faso ont rompu les relations diplomatiques avec Taïwan et rétabli la coopération avec la République populaire de Chine. Nous employons le mot ‘’rétabli ‘’ car il y avait bien une relation de coopération entre la Chine et le Burkina.

Précédemment la Haute Volta, aujourd’hui Burkina Faso avait entretenu des relations diplomatiques avec la République Populaire de Chine de septembre 1973 à février 1994.

Lors de cette précédente coopération des accords dans le domaine de la santé, pour ne citer que cet exemple, avaient amené la République Populaire de Chine à construire un hôpital de qualité à Koudougou, qui est ma ville natale, mais aussi à y envoyer des équipes médicales dont l’action salutaire reste dans la mémoire des populations de cette localité. C’est un hôpital qui a fait la référence au Burkina et dans la sous-région.

Mais seulement pour des intérêts personnels, le régime burkinabé mis en place après l’assassinat de Thomas Sankara, avait choisi de coopérer avec Taïwan, sans que le peuple n’approuve la décision. Je me rappelle que des personnalités politiques et de la société civile avaient dénoncé cette décision pour plusieurs raisons :

Premièrement, Taïwan est une province de la République populaire de Chine, personne ne peut le nier. Deuxièmement, Taïwan favorisait l’enrichissement d’un groupuscule d’individus et non le développement de la nation. Cela n’est pas dans l’intérêt de notre peuple.

C’est pour cela que la décision de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, le président actuel du Burkina, de rétablir les relations diplomatiques avec la République populaire de Chine a été unanimement saluée.

Au niveau de l’association Chine-Burkina Fraternité, nous saluons et soutenons la décision de notre gouvernement «de défendre les intérêts du Burkina Faso et de son peuple dans le concert des nations et de nouer de meilleurs partenariats afin de consolider le développement socio-économique de notre pays et de faciliter les projets régionaux et sous-régionaux », comme l’a expliqué Alpha Barry, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso.

Nous avons constaté que la Chine demeure le seul pays à partager avec notre pays de façon franche et sincère son expérience de développement, son expertise. C’est un pays qui respecte notre souveraineté, nos choix politiques et nos traditions et qui agit dans plusieurs domaines sociaux pour le bien-être de nos populations. C’est donc un vrai ami au sens propre. Voici entre autres ce qui nous motive à soutenir la coopération entre la République populaire de Chine et le Burkina Faso.

Quelles sont selon vous les perspectives d’avenir entre la Chine et l’Afrique ? Et la Chine et le Burkina Faso, plus particulièrement ?

Les ministres des affaires étrangères Alpha Barry et Wang Yi, lors de la signature de la relance des relations diplomatiques entre la Chine et le Burkina Faso, en mai 2018

Je vous rappelle d’abord que le continent africain est extrêmement riche en ressources, mais au cours des dernières décennies, la pauvreté est restée son plus grand fléau. C’est pourquoi personnellement je suis convaincu que dans les relations avec la Chine, les perspectives et les opportunités économiques pour l’Afrique sont vastes, tout comme le sont aussi les possibilités d’exploiter au mieux ces opportunités au regard de la sincérité et de l’engagement réel de la Chine à aider l’Afrique à se développer. Dans les faits nous voyons chaque jour que la coopération que la Chine a établie avec l’Afrique n’est pas abstraite, elle est concrète et fructueuse pour les populations africaines dans bien de domaines.

En effet, que ce soit dans le domaine de l’agriculture, de la santé, de l’éducation, de la promotion de l’auto-emploi des jeunes, et j’en passe, la Chine aide vraiment les pays africains. En la matière, le discours du président chinois Xi Jinping sur la coopération sino-burkinabé – présentant son engagement en faveur du développement de l’Afrique – est très rassurant. De plus, nous constatons qu’il fait de son mieux pour tenir les promesses du peuple chinois à ses frères africains.

Pour ce qui est du Burkina Faso particulièrement, les perspectives sont déjà perceptibles depuis le rétablissement des relations diplomatiques avec la République Populaire de Chine. A titre d’exemples, les populations sont soignées gratuitement par des médecins chinois, les producteurs bénéficient de connaissances techniques pour améliorer leurs rendements, l’accès à l’éducation s’est accru avec la construction de centaines d’écoles, et plusieurs jeunes sont formés et équipés et ils pourront sortir de la pauvreté tranquillement.

C’est l’occasion pour moi de remercier très sincèrement le président chinois Xi Jinping et le peuple chinois qui s’emploient chaque jour à engager des actions qui ambitionnent de pousser l’Afrique sur le chemin du véritable développement.