Selon un rapport britannique, la Chine a enfreint ses obligations légales en portant atteinte à l’autonomie de Hong Kong et a utilisé une loi sur la sécurité nationale pour « réduire considérablement les libertés » dans ce centre financier mondial.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a écrit dans l’avant-propos de ce rapport que la loi de sécurité nationale imposée par la Chine à Hong Kong en juin 2020 était utilisée pour étouffer l’opposition politique.

La «Chine était en état de non-respect»

Dominic Raab, ministre britannique des affaires étrangères

Il y a eu des « violations manifestes » de la déclaration conjointe de 1984, signée par Zhao Ziyang et Margaret Thatcher, qui garantissait des libertés étendues à Hong Kong, a déclaré Dominic Raab.

Le rapport critique la refonte par la Chine du système électoral de Hong Kong, les décisions de poursuites judiciaires prises par le ministère de la Justice et la loi controversée sur la sécurité.

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«Nous avons décidé de déclarer que la Chine était en état de non-respect permanent de la déclaration conjointe», a indiqué  Dominic Raab, ajoutant que la loi sur la sécurité nationale n’était pas utilisée pour cibler un petit groupe de criminels, comme l’a déclaré la Chine dans plusieurs communiqués de presse.

«Elle est plutôt utilisée pour réduire de manière drastique la possibilité d’exprimer des opinions politiques alternatives et dissuader la liberté d’expression et le débat politique légitime», a-t-il ajouté.

Le gouvernement dénonce des «remarques inexactes»

Le gouvernement de Hong Kong a décrit ces déclarations de « remarques inexactes » qui ne pouvaient pas être « plus éloignées de la vérité et ont clairement deux poids deux mesures. »

« Toute personne objective verra que depuis la mise en œuvre de la loi de sécurité nationale à Hong Kong, la stabilité, qui est vitale pour les activités commerciales, a été restaurée dans la société et la sécurité nationale a été sauvegardée », a déclaré un porte-parole du gouvernement de Hong Kong.

En juin, la Chine a adopté une loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, qui punit de peines allant jusqu’à la prison à vie ce que les autorités définissent comme la sécession, la sédition et la collusion avec des forces étrangères.

Cette loi est intervenue après une année 2019 de manifestations parfois violentes. Les gouvernements occidentaux et les groupes internationaux de défense des droits de l’homme ont, eux, exprimé leur crainte que cette loi ne réduise les libertés à Hong Kong.

La Chine condamne ce «soi-disant rapport» britannique sur Hong Kong

La Chine condamne fortement ce «soit-disant» rapport semestriel sur Hong Kong, publié par le gouvernement britannique, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Wang Wenbin.

Selon lui, «les accusations infondées contre les politiques de la Chine à Hong Kong formulées par le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab s’immiscent à nouveau grossièrement dans les affaires de Hong Kong et les affaires intérieures de la Chine».

«Nous les condamnons fortement et nous y opposons fermement», a-t-il souligné. «Hong Kong est le Hong Kong de la Chine et « un pays, deux systèmes » est une politique nationale fondamentale de la Chine», a indiqué le porte-parole. «Le gouvernement central chinois se préoccupe de Hong Kong et souhaite voir plus que quiconque la poursuite de l’application réussie d’un pays, deux systèmes».

Hong Kong géré «conformément »  la Loi fondamentale

«Depuis le retour de Hong Kong à la Chine, le gouvernement central chinois gouverne la Région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong conformément à la Constitution et à la loi fondamentale de la RAS de Hong Kong», a indiqué Wang Wenbin.

Ce dernier a indiqué que «la politique « un pays, deux systèmes« , « l’administration de Hong Kong par les Hongkongais » et un haut degré d’autonomie avaient été fidèlement appliqués, tandis que les droits et libertés légitimes des habitants de Hong Kong avaient été entièrement garantis conformément à la loi».

« Tout ce que nous faisons (…) vise à maintenir et à améliorer l’institution d' »un pays, deux systèmes », à assurer son application stable et durable et à instaurer une paix, une stabilité et une prospérité durables à Hong Kong», a-t-il souligné.

Wang Wenbin a appuyé ses propos avec le récent rapport publié par le Fonds monétaire international (FMI) qui a réaffirmé «le statut de Hong Kong en tant que centre financier international et émet un vote de confiance dans les perspectives de développement de Hong Kong».

Un rapport pour attaquer la Chine

Pour la Chine, le rapport britannique «ignore ces faits fondamentaux et ne ménage aucun effort pour attaquer et calomnier le gouvernement central chinois et le gouvernement de la RAS de Hong Kong».

« Nous demandons instamment à la Grande-Bretagne de respecter le droit international et les normes fondamentales régissant les relations internationales, à faire face à la réalité du retour de Hong Kong à la Chine il y a 24 ans, à renoncer à ses vieux rêves coloniaux, à abandonner le deux poids, deux mesures et à cesser de publier des rapports à cet égard», a déclaré Wang Wenbin lors d’un point presse.

«La Grande-Bretagne doit également cesser de s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine, dont les affaires de Hong Kong, de quelle que manière que ce soit et faire davantage de choses qui sont propices à la prospérité et à la stabilité de Hong Kong, et au développement des relations sino-britanniques», a-t-il conclu le sujet.