L’Assemblée populaire nationale (parlement chinois) a adopté ce 28 mai une disposition controversée sur la sécurité nationale à Hong Kong, en réaction aux manifestations de juin à décembre 2019 dans l’ex-colonie britannique, malgré la menace de sanctions américaines.

Les près de 3.000 députés de l’Assemblée nationale populaire (ANP) ont adopté la mesure, qui a déjà provoqué un regain d’agitation et de tension dans la région administrative spéciale chinoise.

Seuls un député a voté contre et six se sont abstenus. Les opposants démocrates à l’influence de Beijing à Hong Kong affirment que la mesure ouvre la voie à une régression sans précédent des libertés dans la métropole financière.

« C’est la fin de Hong Kong », a résumé pour l’Agence France Presse Claudia Mo, députée pro-démocratie au Conseil législatif hongkongais. « A partir de maintenant, Hong Kong sera une ville chinoise comme les autres ».

A contrario, son collègue Martin Liao a salué le vote du parlement national, estimant que « cette décision ne portera pas atteinte aux droits et libertés dont jouissent les Hongkongais. Au contraire, elle aidera Hong Kong, sur le long terme, à se défaire de la violence et du chaos ».

Alors que le mouvement de contestation s’était mit en pause en raison des mesures prises contre l’épidémie de Covid-19, des milliers de manifestants sont de nouveau descendus dans la rue, le 25 mai, pour protester contre le projet de loi.

La disposition donne donc mandat au Comité permanent de l’ANP pour rédiger un projet de loi qui sera incorporé dans la Loi fondamentale – mini-constitution de Hong Kong -, contournant le vote du Conseil législatif local.

Cette loi devra « empêcher, stopper et réprimer toute action qui menace gravement la sécurité nationale, comme le séparatisme, la subversion, la préparation ou la commission d’activités terroristes, ainsi que les activités de forces étrangères qui constituent une ingérence dans les affaires » de Hong Kong, selon le projet soumis à l’ANP.

Beijing a accusé à plusieurs reprises des « forces étrangères », notamment américaines, de fomenter l’agitation à Hong Kong. Accusant également les manifestants radicaux de se livrer à des activités « terroristes ».

L’accusation de « subversion » est fréquemment utilisée par Beijing pour condamner des opposants. Le Comité permanent de l’ANP pourrait se saisir du texte dès juin et le projet de loi être adopté fin août, selon le site NPC Observer, spécialiste du système législatif chinois.

Le projet prévoit aussi d’autoriser des organismes relevant du gouvernement central à ouvrir à Hong Kong des antennes compétentes en matière de sécurité nationale. Pour les opposants, le texte signe la fin du principe « Un pays, deux systèmes » qui préside aux relations entre Hong Kong et Beijing depuis la rétrocession du territoire à la Chine en 1997.