La vice-présidente Kamala Harris a réitéré le message de Joe Biden : « nous devions maintenir des lignes de communication ouvertes pour gérer de manière responsable la compétition entre nos pays ». De son côté, Xi Jinping s’attend à ce que les deux plus grandes économies mondiales « rédui(sent) les malentendus et erreurs de jugement » pour promouvoir « le retour de relations saines et stables », a-t-il déclaré, cité dans un média d’Etat

La vice-présidente américaine Kamala Harris et le président chinois Xi Jinping se sont rencontrés le 19 novembre pour prolonger les échanges entre les États-Unis et la Chine, avec mois d’animosité depuis le sommet entre Xi Jinping et son homologue américain Joe Biden.

Les deux dirigeants ont eu un bref entretien lors du sommet de l’Asie-Pacifique (Apec) à Bangkok. Leur première rencontre, en marge du G20 à Bali, a abouti à un apaisement des tensions entre les deux superpuissances concurrentes.

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D’ailleurs, Kamala Harris a répété le message de Joe Biden, à savoir que « nous devions maintenir des lignes de communication ouvertes pour gérer de manière responsable la compétition entre nos pays », a indiqué un responsable de la Maison Blanche sous couvert d’anonymat.

De son côté, Xi Jinping a déclaré qu’il espérait que la Chine et les États-Unis « renforcent davantage la compréhension mutuelle, réduisent les malentendus et les erreurs de jugement et œuvrent ensemble à ramener les relations bilatérales sur une voie solide et stable ».

Il a souhaité que la vice-présidente américaine Kamala Harris joue un rôle actif dans les relations bilatérales, selon l’agence de presse, Xinhua Rappelant son entretien stratégique et constructif avec le président américain Joe Biden à Bali en Indonésie, Xi Jinping a indiqué qu’il était important de bien guider les relations sino-américaines dans la prochaine phase.

De son côté, Kamala Harris a indiqué que les États-Unis ne cherchaient pas la confrontation ou le conflit avec la Chine et que les deux parties devaient coopérer sur les problèmes mondiaux et garder leurs canaux de communication ouverts, d’après Xinhua.

A Bali puis Bangkok, Xi Jinping a échangé avec de nombreux dirigeants étrangers, un signe perçu par certains médias occidentaux et analystes, comme une volonté de se présenter comme un leader responsable, prêt à faire face aux défis internationaux.

Sa rencontre avec Joe Biden, la première en face à face depuis l’arrivée au pouvoir du président démocrate, « a une grande importance », a-t-il répété, pour la suite des échanges entre Pékin et Washington qui, de Taïwan à la guerre en Ukraine, avancent en terrain glissant.

Signe de la détente, le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken doit se rendre en Chine début 2023, ce qui serait la première visite d’un haut responsable américain depuis 2018.

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Antony Blinken a d’ailleurs indiqué aux journalistes à Bangkok que les contacts avec la Chine visaient à s’assurer que la compétition entre les deux pays « ne virait pas au conflit », et à trouver des terrains de coopération sur des enjeux mondiaux, comme le changement climatique.

Xi Jinping pourrait lui aussi faire le voyage inverse en 2023 pour le prochain sommet de l’Apec à San Francisco en novembre. Il s’agira de sa première visite depuis 2017.

Les Etats-Unis demandent l’aide de la Chine pour dissuader la Corée du Nord de procéder à un essai nucléaire, de plus en plus redouté par Washington et Séoul à la suite d’une récente série record de lancements de missiles balistiques par Pyongyang.

Selon Washington, la Chine doit user de son influence sur le régime de Kim Jong Un, dont elle est le principal allié diplomatique et économique, pour l’encourager à « ne pas aller dans cette direction de provocations, qui ne fait que déstabiliser la région et le monde », a indiqué un responsable américain à l’agence de presse, Reuters.

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La guerre en Ukraine reste un sujet de tension (parmi tant d’autre) entre Washington et Pékin, qui revendique une position neutre vis-à-vis de l’invasion russe, en dépit des appels à condamner ouvertement Moscou.

Le communiqué final de l’Apec a d’ailleurs rappelé cette divergence : « la plupart des membres ont fermement condamné la guerre en Ukraine et ont souligné qu’elle causait d’immenses souffrances humaines et exacerbait les fragilités existantes dans l’économie mondiale ».