De nombreux internautes chinois critiquent la politique zéro COVID des autorités et arrivent à échapper à la censure sur les réseaux sociaux, selon la chaîne américaine CNN.

Les habitants de Guangzhou ont exprimé leur frustration dans une langue régionale, échappant aux filtres de la censure après l’annonce par les autorités d’un pic épidémique, entraînant de nouvelles mesures de confinement, a rapporté CNN.

Les messages de frustration, de colère et de remise en cause du gouvernement témoignent du mécontentement croissant de la population à l’égard de l’implacable politique chinoise du zéro COVID.

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Cette politique sanitaire se traduit par des fermetures rapides, des tests de masse, à une recherche intensive des contacts et à des quarantaines pour éradiquer les infections dès qu’elles apparaissent.

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Généralement, les critiques aussi virulentes des politiques gouvernementales sont rapidement supprimées par les services de censeurs du gouvernement, mais ces messages sont restés en ligne pendant plusieurs jours.

Ces messages sont écrits en cantonais, une langue originaire de la province voisine de Guangzhou, et parlée par des dizaines de millions de personnes dans le sud de la Chine. Cette langue est plus complexe à déchiffrer pour les locuteurs en mandarin, la langue officielle de la Chine et celle privilégiée par le gouvernement.

En septembre, l’organisation indépendante de surveillance des médias basée aux États-Unis, China Digital Times, a indiqué que de nombreux messages en cantonais d’habitants mécontents avaient échappé à la censure suite aux exigences des tests massifs de Covid dans la région.

Le cantonais a un vocabulaire et un système d’écriture plus ou moins similaire avec le mandarin, mais sa forme écrite repose sur des caractères traditionnels, qui ont une signification totalement différente en mandarin. De fait, les phrases en cantonais peuvent être plus difficiles à comprendre pour les lecteurs mandarins et plus compliqués à censurer pour les autorités.

Pour certains, l’utilisation du cantonais pour critiquer le gouvernement est aussi un signe de défiance, car le gouvernement veut que le mandarin soit utilisé à travers le pays dans l’éducation et la vie quotidienne, sans prise en compte des langues et dialectes régionaux.