Les chefs de la diplomatie américaine et chinoise se rencontrent ce 29 septembre à New York, dans un contexte tendu à propos de Taïwan.

Le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, et son homologue américain, Antony Blinken, doivent s’entretenir en marge de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU. Il s’agira de leur premier entretien depuis des discussions en juillet à Bali où les deux hommes ont affiché leur volonté de renouer le dialogue.

Cette rencontre a lieu un mois après la visite à Taiwan de la présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi, provoquant la colère de Pékin et un regain de tensions entre les deux grandes puissances.

Dans une interview accordée à CBS, le président américain Joe Biden a affirmé être prêt à intervenir militairement si la Chine envahissait Taiwan, marquant un réel tournant dans la stratégie d’ambiguïté instaurée par Washington envers Taiwan.

« C’est une grave violation » des promesses des États-Unis envers la Chine, avait alors réagit Mao Ning, porte-parole de la diplomatie chinoise. « Cela envoie un mauvais signal, grave, (de soutien) aux forces séparatistes militant pour l’indépendance de Taïwan », avait-elle assuré.

Afin d’apaiser les tensions, le ministre chinois a déclaré avoir rencontré à New York l’émissaire climat des États-Unis, l’ex-chef de la diplomatie John Kerry, bien que Pékin ait suspendu la coopération en la matière en représailles à la visite de Nancy Pelosi à Taïwan.

Dans un discours, Wang Yi a réitéré la colère de Pékin concernant le soutien des États-Unis à l’île que Pékin considère comme faisant partie de son territoire. « La question de Taïwan devient le sujet de crispation le plus risqué dans les relations américano-chinoise », a-t-il relevé.

« Devait-elle être mal gérée et cela pourrait dévaster les relations bilatérales » entre les deux pays, a-t-il mis en garde devant l’Asia Society, un centre de recherches. « Tout comme les États-Unis ne permettent pas à Hawaï de partir, la Chine a le droit de plaider l’unification du pays », a ajouté Wang Yi.

Les discussions de ce 23 septembre devraient engager une possible première rencontre entre Xi Jinping et Joe Biden, probablement à Bali en novembre en marge d’un sommet du G20.

Wang Yi a précisé que la Chine et les États-Unis souhaitent faire en sorte que « la relation américano-chinoise fonctionne », sans confrontation, tout en notant que Washington joue sur plusieurs tableaux à la fois.

En effet, le Congrès américain est un ardent soutien à Taïwan. Un projet de loi qui prévoit notamment une première aide militaire directe des États-Unis à Taïwan.