Dans le district marécageux de Budaka dans l’est de l’Ouganda, le riz hybride chinois est devenu l’une des cultures les plus importantes pour les agriculteurs, qui convoitent le marché chinois de la nourriture biologique.

En septembre 2015, l’Organisation de l’ONU pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), la Chine et l’Ouganda avaient signé un accord de 2 ans estimé à environ 2,5 millions de dollars (2,2 millions d’euros) pour soutenir les petits agriculteurs.

Il s’agissait lors de prolonger le partenariat établi en 2012 pour rendre accessible avec agriculteurs ougandais des formations et les conseils techniques sur l’agriculture biologique, dont le riz hybride.

Le ministre de l'Agriculture Han Changfu (à droite) et l'agronome Yuan Longping, connu comme le "père du riz hybride", ont inspecté mardi une culture à Sanya, la province du Hainan. (Quotidien du peuple)

Le ministre de l’Agriculture Han Changfu (à droite) et l’agronome Yuan Longping, connu comme le « père du riz hybride », ont inspecté mardi une culture à Sanya, la province du Hainan. (Quotidien du peuple)

En effet, depuis 2012, 31 experts et techniciens chinois ont été envoyés en Ouganda pour fournir une assistance technique et transférer 25 nouvelles technologies et à introduire 17 nouvelles variétés telles que riz hybride, millet des oiseaux et maïs, ainsi que quatre types d’équipements et d’outils agricoles. Les nouvelles technologies et les variétés introduites ont rapidement produit des résultats en améliorant les cultures vivrières et les revenus des agriculteurs.

Des résultats concluants et engageants

Tout a débuté en 2013, lorsque des experts chinois sont arrivés à Budaka, ces derniers ont estimé que la zone était appropriée pour cultiver du riz. Une nouvelle race avait alors été introduite dans ce district.

D’après Luo Zhongping, expert en céréales, a expliqué aux agriculteurs ougandais présents à la session de formation qu’« au cours des trois dernières années, quand le riz était à l’essai, les résultats ont montré que son rendement est de trois à quatre fois mieux que la race locale ».  

D’ailleurs, « une démo de trois ans à Budaka montre qu’il peut atteindre des rendements élevés. Le rendement peut atteindre trois tonnes par acre qui est trois à quatre fois plus important par rapport au riz local », a indiqué ce dernier.

Dans une interview accordée à l’agence de presse, Xinhua, Ofwono Willy Osinde, chargé de production du district de Budaka, a indiqué qu’auparavant « les gens hésitaient lorsqu’il s’agissait de cultiver le riz hybride ». Préférant l’ancienne pratique de la culture du riz, il leur a fallut du temps pour s’adapter aux nouvelles techniques, comme d’abord planter le riz dans un lit de pépinière et ensuite le transplanter.

Cependant, le rendement de ce riz et les possibilités qu’il offre de fournir un revenu élevé ont convaincus les agriculteurs de mettre de côté les anciennes techniques pour les nouvelles. D’ailleurs, James Tumwine, directeur ougandais de l’accord tripartite, a indiqué aux agriculteurs qu’après l’essai réussi de la plantation de riz hybride à Budaka, d’autres villes du pays vont être encouragés à planter le riz.

Face à l’augmentation de la population et à l’évolution du climat, les agriculteurs apprennent de nouvelles méthodes dans le domaine agro-alimentaire. (FAO)

Face à l’augmentation de la population et à l’évolution du climat, les agriculteurs apprennent de nouvelles méthodes dans le domaine agro-alimentaire. (FAO)

Le riz hybride, nouvel eldorado

En mai, face à l’affluence des agriculteurs ougandais pour le riz Made in China, les travaux du parc agro-industriel ont démarré dans le district de Luweero, au centre de l’Ouganda, à environ 50 km au nord de la capitale Kampala.

Financé par des investisseurs chinois dans le cadre de la coopération entre les deux pays, le début des travaux a été célébré en présence du président Yoweri Museveni. Ce dernier a indiqué que son gouvernement avait commencé à construire plusieurs parcs industriels qui, selon lui, « sont cruciaux dans la transformation de l’économie ».

D’après les investisseurs chinois, le parc de Luweero sera concentré sur la culture et la transformation des produits agricoles et l’élevage de la volaille et du bétail, afin de répondre aux « exigences nationales et régionales ». Mais les entreprises privées chinoises présentes dans le parc ont assuré sur des semences seraient disponibles, dont certaines sont déjà en train d’être distribuer.

James Tumwine a indiqué que les agriculteurs pouvaient avoir accès aux semences à crédit, payant lors de la vente de leur riz, et pouvaient louer ou acheter des tracteurs. D’après le ministère ougandais de l’agriculture le pays produit actuellement moins de 100’000 tonnes de riz, un chiffre relativement bas, face à la demande nationale de 250’000 tonnes.

Selon la Stratégie nationale de développement du riz, le gouvernement ougandais espère stimuler la production à plus de 400’000 tonnes d’ici 2018. Le riz hybride est une aubaine pour certains agriculteurs, qui mettent en avant la facilité de culture, le temps relativement court par rapport à un riz normal et surtout les gains possibles.