Les menaces dans la région du Xinjiang demeurent élevées et requièrent une poursuite des opérations de sécurité, selon des médias officiels chinois.

Depuis 2017, le voile intégral est interdit, ainsi que les barbes, jugées « anormales« . A cela s’ajoute, la nouvelle réglementation mise en place l’an dernier, durcissant le contrôle des religions afin de « renforcer la sécurité nationale« , selon le gouvernement chinois. Ces nouvelles règles entrent en vigueur jeudi 1er février.

Une politique sécuritaire sur le long terme

Les forces de l’ordre sont de plus en plus présentes dans la région, avec notamment la création de milliers de postes de police de proximité, et la mise en place de dispositifs de surveillance.

Le pouvoir central considère que la menace des extrémistes islamistes et séparatistes s’est intensifiée ces dernières années, assurant que des groupes projettent des attentats afin d’y attiser les tensions entre la minorité ouïghoure et l’ethnie majoritaire des Hans.

Le Quotidien du Xinjiang a cité le gouverneur de la province, Shohrat Zakir, lors de sa réélection à la tête de la province. Ce dernier avait estimé que l’année 2017 a clairement montré que la stabilisation de la société au Xinjiang nécessitera davantage de mesures.

« Il n’y a pas eu de changement fondamental dans la situation du Xinjiang« , a dit le gouverneur, citant des « activités terroristes régulières » et la « lutte intense contre les séparatistes« .

La paix et la stabilité à long terme du Xinjiang et de sa population doivent être l’objectif du gouvernement local sur une « période cruciale » de cinq années, a-t-il ajouté, annonçant que les autorités allaient encore accentuer les opérations de sécurité.

D’ailleurs, les plus hauts dirigeants de la région ont indiqué lors d’une réunion du Parti communiste à Beijing, en octobre 2017, que « la stabilité sociale et la sécurité à long terme » sont les objectifs incontournables des pouvoirs publics locaux.

De nombreuses mesures déjà installées

Un impressionnant dispositif de surveillance policière, physique et numérique, a été mit en place dans toute la province, et notamment dans la ville d’Urumqi. Des postes de contrôle de sécurité, équipés de scanners d’identification gardent les accès à la gare ferroviaire et à la ville.

Des scanners de reconnaissance faciale suivent les allées et venues dans les hôtels, les centres commerciaux et les banques. De plus, la police utilise des appareils portables pour rechercher sur les smart-phones des applications de discussion en ligne cryptée, des vidéos à caractère politique ou d’autres contenus suspects.

Plusieurs mesures de contrôle et de surveillance ont été mises en place. Par exemple, pour acheter de l’essence dans une station, l’automobiliste doit passer au préalable sa carte d’identité dans un terminal et regarder en face une caméra.

Habitants et visiteurs doivent se soumettre chaque jour aux contrôles de police, et affronter les dispositifs de surveillance qui scannent carte d’identité, visage, globe oculaire et le corps tout entier.

Pour Darren Byler, chercheur en anthropologie de l’université de Washington, « le parallèle contemporain le plus proche que l’on peut établir avec cette situation se trouve en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, où le gouvernement israélien a instauré un système de postes de contrôle et de surveillance biométrique pour noter les faits et gestes des Palestiniens ».  

D’ailleurs, l’an dernier, le président Xi Jinping a nommé un nouveau chef du PCC au Xinjiang : Chen Quanguo. Ce dernier a déjà eu à gérer les frictions ethniques au Tibet, où il y a lancé les « postes de police multiservices« , pour faire face notamment à une vague d’immolations de moines en protestation contre la présence chinoise.

Depuis l’arrivée de Chen Quanguo, la présence policière au Xinjiang a considérablement augmenté. Les départements de police locale ont aussi  entrepris l’an dernier de commander des caméras capables de restituer des images du visage en trois dimensions, ainsi que des séquenceurs d’ADN et des logiciels d’analyse vocale, d’après l’organisation de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch.