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TAIWAN

Taïwan de plus en plus isolé que la scène internationale

Taïwan et les Kiribati ont rompu ce 20 septembre leurs relations après que le petit archipel du Pacifique eut décidé de reconnaître Pékin, dans une nouvelle victoire pour la diplomatie chinoise.

La Chine « apprécie hautement la décision du gouvernement des Kiribati de reconnaître le principe d’une seule Chine et de rompre les prétendues relations diplomatiques avec les autorités de Taiwan », a déclaré Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Taïwan a dénoncé l’attitude de la Chine après la décision du petit archipel des Kiribati de reconnaître Bejing. Cette décision est un coup dur pour les autorités taïwannaises. En effet, le gouvernement chinois est parvenu à obtenir la reconnaissance des Îles Salomon, il y a quatre jours.

Désormais Taïwan est reconnu que par 15 Etats, et les Kiribati sont le septième pays à rompre ses liens diplomatiques, depuis l’élection en 2016 à la présidence taïwanaise de Tsai Ing-wen.

Lors d’une conférence de presse, Tsai Ing-wen a estimé que les Kiribati commettaient une « erreur », ajoutant que l’archipel de 100.000 habitants avait « abandonné un ami sincère et choisi d’être une pièce du jeu d’échecs chinois ».

La Chine continentale et Taïwan sont dirigés différemment depuis 1949, mais Beijing voit toujours Taïwan comme partie intégrante de son territoire. Ainsi, les deux rives du détroit de Formose se considèrent, chacune, comme la véritable « Chine », laissant la possibilité aux autres pays du monde que d’en soutenir une seule.

Ces dernières années, seule une vingtaine de pays restaient loyaux envers Taïwan, la plupart venant d’Amérique latine et du Pacifique, et le seul Etat européen est le Vatican.

Mais, Beijing a redoublé d’efforts après l’élection de Tsai Ing-wen pour isoler diplomatiquement l’île. Notamment parce que son Parti progressiste démocratique (PPD) refuse de reconnaître le principe selon lequel Taïwan fait partie d’une « Chine unique ».

La dirigeantes taïwanaise avait succédé à Ma Ying-jeou, issu du Kuomintang (KMT), dont la politique de rapprochement avec Beijing initiée en 2008 avait suscité de vive critique lors de sa poignée de main historique en 2015 avec le président chinois Xi Jinping.

Lors de sa conférence de presse, Tsai Ing-wen a dit s’attendre à ce que l’activisme du gouvernement chinois s’intensifie à l’approche de la présidentielle taïwanaise en janvier. Pour elle, « la Chine n’a qu’un seul but: influencer le résultat de la présidentielle ».

Le ministère des affaires étrangères, Joseph Wu, a annoncé que Taïwan rappellerait immédiatement ses diplomates en poste dans le petit archipel du Sud du Pacifique. Il a accusé Beijing d’avoir fait des promesses d’aide et d’investissements pour « appâter les Kiribati ».

Depuis l’élection de Tsai Ing-wen, Beijing et Taipei ont rompû leurs communications officielles. Le gouvernement chinois a, de son côté, renforcé ses exercices militaires et durci les pressions économiques sur l’île.

Sur le plan diplomatique, la Chine a arraché à Taïwan sept alliés en trois ans : Sao Tome et Principe, le Burkina Faso, Panama, le Salvador et la République dominicaine, et cette semaine, les Salomon et les Kiribati.

« Le timing est un facteur« , a déclaré à l’AFP Alexander Huang, professeur de relations internationales à l’Université Tamkang de Taipei, en citant le 70ème anniversaire de la fondation de la Chine populaire le 1er octobre, et la présidentielle taïwanaise en janvier 2020.

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