Les États-Unis et le groupe chinois ByteDance ne sont pas parvenus à un accord sur la vente des actifs américains de l’application TikTok dans le délai imposé par l’administration de Donald Trump, qui s’achevait le 4 décembre à minuit.

Les discussions continuent cependant entre l’administration de Donald Trump et TikTok, et les utilisateurs de l’application de vidéos légères devaient continuer à utiliser le réseau social sur le sol américain le lendemain, le 5 décembre.

L’application du groupe chinois ByteDance est interdit sur le sol américain depuis la signature le 14 août par Donald Trump d’un décret contraignant ByteDance à céder ses activités aux Etats-Unis. Le groupe avait obtenu deux délais consécutifs jusqu’au 4 décembre 2020.

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Une porte-parole du Trésor américain a indiqué que le CFIUS, le Comité sur les investissements étrangers administré par le Trésor, « s’engageait avec ByteDance à réaliser le désinvestissement et d’autres mesures nécessaires pour résoudre les risques pour la sécurité nationale (…) conformément au décret du 14 août ».

L’administration de Donald Trump a affirmé que TikTok est une menace sur la « sécurité nationale des Etats-Unis », soupçonnant la plateforme de récupérer les données personnelles de ses utilisateurs au profit de la Chine.

TikTok rejette ces accusations et a engagé une contre-offensive judiciaire tous azimuts, qui a aboutit par plusieurs succès. Ainsi, fin octobre, une juge fédérale avait bloqué temporairement un décret du président Donald Trump qui aurait empêché TikTok de fonctionner aux Etats-Unis.

Trois internautes rémunérés pour leurs prestations sur TikTok avaient saisi un tribunal en Pennsylvanie pour demander la suspension d’une partie du décret prévoyant d’interdire à des entreprises américaines de fournir des services essentiels à TikTok, comme l’hébergement en ligne.

A la suite d’une plainte distincte, fin septembre, un juge d’un tribunal de Washington avait aussi bloqué l’administration Trump dans sa volonté d’obliger les plateformes de téléchargement d’applications mobiles à retirer TikTok.

Outre cette bataille juridique, l’administration américaine et TikTok ont négocié une solution, Donald Trump voulant faire passer TikTok sous contrôle américain. En septembre, il avait donné son accord de principe à une offre de ByteDance prévoyant qu’Oracle et Walmart prennent 20% des parts d’une société nommée TikTok Global.

Cette nouvelle société avait alors en charge des activités mondiales de la plateforme et dont le siège serait situé aux Etats-Unis. Mais des proches de Donald Trump avaient estimé que les investisseurs américains devaient exercer un contrôle majoritaire sur la nouvelle entité.

La position de TikTok a alors évolué, le groupe a proposé la création d’une société hébergeant ses activités américaines, laissant entendre qu’il serait prêt à abandonner sa majorité.

Selon Dan Ives, analyste pour Wedbush Securities, ByteDance a tout intérêt à faire durer la situation en attendant l’investiture de janvier 201n car le président démocrate élu Joe Biden pourrait adopter un ton plus mesuré face à la Chine.

« Dans cette partie de poker menteur aux forts enjeux, il est fort probable que ByteDance cherche à repousser les négociations sur un accord dans l’espoir que l’administration Biden supprime le décret, ce qui serait un changement fondamental de la politique technologique américaine vis-à-vis de la Chine et serait considéré comme un +rameau d’olivier+ tendu à Pékin », a expliqué l’expert à l’Agence France Presse.

TikTok compte 100 millions d’utilisateurs aux Etats-Unis et 700 millions en tout dans le monde. Malgré tout, tout accord conclut par ByteDance devra être soumis à l’approbation de la Chine, qui impose des restrictions sur les exportations de technologies développées par des entreprises chinoises.

L’algorithme de TikTok est au centre de toutes les attentions, car il permet d’afficher les contenus les plus susceptibles d’intéresser les utilisateurs en fonction de leurs goûts. Raison pour laquelle, la Chine veut éviter que ce système informatique ne tombe dans des mains américaines.