Les deux escales de la dirigeante taïwanaise Tsai Ing-wen aux Etats-Unis, a provoqué les vives protestations du gouvernement chinois.

A Los Angeles, elle a déclaré vouloir « promouvoir ensemble la stabilité régionale et la paix dans le respect des intérêts nationaux, de la liberté et de la démocratie ». Fin juillet, Beijing avait demandé à Washington d’empêcher le transit par les Etats-Unis de la dirigeante taïwanaise.

En effet, la Chine estime que Taïwan fait partie intégrante de son territoire, interdisant à ses partenaires, au nom du « principe de la Chine unique », d’avoir des relations diplomatiques avec Taipei. D’ailleurs, Taïwan n’est pas reconnu comme un pays indépendant par l’ONU.

Cependant, les Etats-Unis entretiennent des liens ambigus avec l’île, même si ils reconnaissent la Chine populaire depuis 1979, ils conservent avec Taipei des relations commerciales et demeurant son allié militaire.

Beijing est irrité par ses échanges, notamment après l’adoption par le président américain, Donald Trump, du « Taiwan Travel Act », encourageant les hauts responsables américains à se rendre à Taïwan pour y rencontrer leurs homologues.

Interrogé par l’Agence France Presse, le Bureau du Conseil des Affaires d’Etat pour les Affaires de Taïwan a réitéré son opposition à toute tentative de promouvoir l’indépendance de l’île.

« Taïwan constitue une partie inaliénable de la Chine. Nous nous opposons fermement à toute tentative de créer deux Chines, une Chine, un Taïwan » et à « l’indépendance de Taïwan+ sur la scène internationale », a indiqué le département dans un communiqué.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a de son côté indiqué dans un communiqué avoir protesté officiellement auprès de Washington, soulignant sa « ferme opposition » au transit de dirigeants taïwanais par les Etats-Unis et par les pays ayant des relations diplomatiques avec la Chine.

Ma Xiaoguang, porte-parole du bureau, a assuré que « la question de Taïwan, vitale pour la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Chine, reste la question la plus importante et la plus sensible entre la Chine et les Etats-Unis ».

Lors d’un point presse, il a assuré que « les interférences étrangères sur ce dossier ne feront qu’attiser les tensions et les troubles dans la région tout en compliquant davantage les relations à travers les deux rives du détroit ».

De son côté, la porte-parole du département d’Etat américain, Heather Nauert, a affirmé que le discours n’illustrait pas une quelconque évolution de la position officielle américaine en la matière.

« Notre politique concernant Taïwan n’a pas changé », a-t-elle assuré, ajoutant que « les Etats-Unis (…) permettent de temps en temps aux représentants des autorités taïwanaises de faire escale aux Etats-Unis ». « Ceci est entrepris en grande partie en prenant en considération la sécurité et le confort de ces voyageurs, et c’est cohérent avec notre politique d’une Chine unique », a expliqué Heather Nauert.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2016, la dirigeante Tsai Ing-wen refuse de reconnaître le « principe de la Chine unique ». Beijing a de fait accentué sa pression économique, militaire et diplomatique sur l’île.