jeudi, mai 23

La journaliste australienne Cheng Lei devant la justice

Cheng Lei, une journaliste australienne, comparaît ce 31 mars devant la justice chinoise pour « divulgation de secrets d’Etat à l’étranger », elle risque la perpétuité.

Après 18 mois de détention, dont les sept premiers au secret, le sort de cette journaliste est liée à l’évolution des relations entre Pékin et Canberra, qui sont au plus mal depuis quelques années.

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Son procès pour « activités criminelles mettant en danger la sécurité nationale » a débuté dans la matinée devant le tribunal intermédiaire populaire numéro deux de Pékin. Devant le tribunal, l’ambassadeur d’Australie, Graham Fletcher, a dénoncé devant les journalistes un procès « tenu en secret ».

« On nous a refusé l’accès à l’audience. C’est profondément préoccupant, insatisfaisant et très regrettable », a-t-il lancé. « On ne saurait avoir confiance dans la validité d’un processus judiciaire tenu en secret ».

Graham Fletcher a expliqué que les autorités chinoises avaient invoqué la « sécurité nationale » pour lui interdire l’accès au tribunal. « Mais nos accords consulaires stipulent que nous devons pouvoir assister à n’importe quel type de procès », a-t-il protesté.

Il a indiqué n’avoir aucune information sur les charges qui pèsent contre Cheng Lei. « Cela est en partie à l’origine de notre inquiétude: rien ne nous permet de comprendre pourquoi elle est en détention », a souligné l’ambassadeur.

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Lors d’une conférence de presse, le 28 mars, le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Wang Wenbon, a indiqué que « le système judiciaire chinois traite les affaires conformément à la loi et protège pleinement les droits légaux de la personne concernée. En ce qui concerne les détails que vous avez mentionnés, je n’ai rien à vous offrir pour le moment ».

La détention de la journaliste avait marqué une nouvelle étape dans la détérioration des relations entre la Chine et l’Australie, qui est vue par Pékin comme un allié central des Etats-Unis dans la région Asie-Pacifique.

Les liens se sont particulièrement tendus depuis que Canberra a demandé une enquête internationale sur l’origine du coronavirus, détecté pour la première fois à Wuhan en Chine fin 2019.

L’arrestation de Cheng Lei avait provoqué le départ précipité de deux journalistes australiens qui craignaient d’être arrêtés. Bill Birtles, alors correspondant à Pékin de la chaîne de télévision australienne ABC, et Michael Smith, ex-correspondant à Shanghai de l’Australian Financial Review (AFR), s’étaient réfugiés plusieurs jours dans des locaux diplomatiques, avant de quitter la Chine accompagnés de diplomates de leur pays.

Quelques mois plus tard, une employée chinoise de l’agence financière Bloomberg, Haze Fan, a été placée en détention, soupçonnée de « menace à la sécurité nationale« . Elle n’a pas été relâchée et son employeur n’a pas d’information sur son sort.

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