Un front s’est mit en place contre l’accord signé à Beijing le 5 septembre 2018 entre l’Agence malagasy de développement économique et de promotion des entreprises (AMDP) et le consortium d’investisseurs chinois Taihe Century Investments Developments Co. Ltd.

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Cet accord-cadre se concentre sur les domaines de la pêche, de l’aquaculture, de la lutte contre la pêche illégale, la mise en place de fermes aquacole et l’ouverture d’un centre de formation, pour un investissement de 2,7 milliards de dollars (2,3 mds €) sur 10 ans.

Or pour les Organisations de la société civile (OSC), l’accord manque de transparence, et représente une menace pour l’environnement marin. En effet, les opposants à cet accord s’inquiètent de la venue de 330 navires sur les côtes malgaches.

De son côté, la présidence se réjouit d’un tel accord mais la population – dont la société civile – craint surtout une surpêche de la part des chinois, entraînant des pénuries de poissons pour les pécheurs locaux. Raison pour lesquelles une pétition a été créé sur Avaaz.org, intitulée « Faire révoquer l’accord de pêche signé avec la Chine ».

La pétition a, à ce jour, recueillit plus de 17 000 signatures, et est destinée à retirer l’accord, afin de « protéger la population de l’île Madagascar et préserver son secteur halieutique fragile et unique ». Créée par Mitsiky M., elle est appuyée par une lettre adressée a l’état Malgache, dans laquelle il est demandé au gouvernement de « revoir l’accord de pêche signé avec la Chine et le faire annuler ».

Signe des tensions entre la population malgache et la présence des chinois, l’auteur du courrier assure que «bon nombres d’exemples sur notre planète le prouve, la Chine ne respecte en rien l’environnement. Les Chinois n’ont pas su gérer convenablement leurs ressources naturelles qui sont maintenant au bord de l’épuisement. Ils sont donc dans l’urgence de prospecter ailleurs et de tenter de puiser dans les ressources des pays fragiles».

Les pétitionnaires souhaitent que l’Etat révoque l’accord, car ils pointent du doigt les méthodes de pêches des chinois, qui « sont extrêmement invasives, dévastatrices et non sélectives ».

Les auteurs de la lettre craignent « une catastrophe majeure pour Madagascar et sa population », citant l’épuisement des ressources halieutiques pour toutes les espèces ; l’effondrement de la chaîne alimentaire de la faune et de la flore sous marine ; les pollutions par le carbone, par les déchets plastiques et par les filets de pêche ; et entre autres, la désertification des zones de pêche côtières exploitées par les pêcheurs Malgaches.

Signature de plusieurs accords entre la Chine et Madagascar