L’ambassadeur de Chine dans l’Union des Comores, He Yanjun, s’est félicité de la contribution d’une innovation pharmaceutique d’origine chinoise à l’élimination du paludisme aux Comores.

L’Union des Comores est le premier pays à bénéficier du programme d’élimination du paludisme dans le cadre de sa coopération avec la Chine. Le taux de succès de ce projet, initié depuis l’année 2007, est de plus de 98%, grâce à une découverte chinoise.

Objectif : zéro paludisme

Le programme d’élimination du paludisme aux Comores est «très fructueux dans la mesure où d’autres pays maintenant sont en train de nous demander l’apport à cette lutte contre le paludisme», a déclaré le 24 avril à Moroni la ministre comorienne de la Santé, Rashid Mohaamed Mbaraka Fatma.

Au centre, en partant de la gauche : en blanc, Ministre de la Santé, Rashid Mohaamed Mbaraka Fatma et à ses côtés l’Ambassadeur de Chine, Hu Yanjun

Raison pour laquelle, les Comores envisagent de renforcer sa coopération avec la Chine, afin d’atteindre son «objectif zéro paludisme». D’ailleurs, le travail mené par les experts chinois et comoriens dans ce programme est un exemple de modèle de coopération sino-africaine, a affirmé la ministre comorienne.

«Je ne peux que féliciter la Chine, ainsi que le soutien du gouvernement chinois, raison pour laquelle les pays d’Afrique viennent voir notre expertise et en ce moment», a déclaré à l’agence de presse, Xinhua, Rashid Mohaamed Mbaraka Fatma.

Cette dernière a indiqué  que «nous sommes en train de voir comment évoluer dans ce sens jusqu’à l’éradication du paludisme d’ici 2020». La ministre s’est dite reconnaissante de l’appui technique et financier de la Chine. «Depuis 2007, effectivement, avec l’appui de la Chine, nous avons pu réaliser des succès dans l’élimination du paludisme plus particulièrement à Mohéli, à Anjouan où on a enregistré zéro cas», a déclaré la ministre.

Les Comores saluées en 2017 pour sa lutte contre la paludisme

Le président des Comores, Azali Assoumani, a été salué en 2017 par l’Union africaine pour les avancées réalisées contre le paludisme. La maladie a eu des impacts négatifs sur l’économie du pays et les habitants, avant la signature en 2007 d’une convention sanitaire avec la Chine dans cadre de l’élimination du paludisme, précise Xinhua.

«Cette coopération est vraiment fructueuse, car même nous avons bénéficié de formation au niveau des médecins, des paramédicaux, des techniciens en biomédical, des médicaments», a de nouveau salué la ministre comorienne de la Santé.

En effet, le projet demande aux habitants habitant dans des îles relativement isolées de prendre de manière simultanée des médicaments pour éliminer les parasites du paludisme. Les experts chinois et comoriens considèrent que les moustiques ne sont que des «vecteurs» qui transmettent les parasites d’une personne à l’autre. Ainsi, si la source humaine est purgée, les moustiques n’auront plus d’insectes à transmettre.

Ainsi, par rapport aux méthodes traditionnelles de prévention face aux piqûres de moustiques, cette nouvelle méthode a connu un fort succès avec une réduction drastique des cas de paludisme à l’archipel de plus de 100 000 en 2006 à environ 2 000 en 2014.

Une équipe d’experts médicaux de l’Université de la médecine chinoise de Guangzhou, chef-lieu de la province du Guangdong, a participé au projet des Comores, en aidant à la distribution de médicaments donnés par la Chine et à la constitution d’une équipe locale de surveillance des maladies.

Une coopération fructueuse

Ambassadeur de Chine, Hu Yanjun, et le Ministre des Affaires étrangères Comores, Souef Mohamed El-Amine

La ministre Rashid Mohaamed Mbaraka Fatma a évoqué la construction d’un hôpital moderne à Anjouan par la Chine, dans le cadre de l’amitié sino-comorienne. A cela s’ajoute l’accès à une caravane sanitaire consacré au traitement oculaire par plus de 600 patients.

Les Comores ont aussi reçu une assistance technique médicale permanente, dont la douzième équipe médicale a fait un passage dans le pays. Pour la ministre de la Santé, «la coopération sino-comorienne a beaucoup favorisé à la société comorienne, et ce n’est pas seulement au niveau du traitement de masse contre le paludisme».

De son côté, l’ambassadeur He Yanjun a qualifié ce projet  d’«exemple de l’amitié, du partenariat et de la fraternité entre la Chine et l’Afrique».

«Je vois beaucoup d’éléments chinois dans ce projet, comme si nous ne nous en tenions pas aux mesures conventionnelles adoptées précédemment par certaines organisations internationales, mais nous avons plutôt ajusté nos stratégies pour les adapter aux conditions des Comores», a-t-il fait savoir.

L’ambassadeur chinois a salué les médecins et chercheurs chinois pour «leur dévouement et leur empathie pour le peuple africain». Il a également salué l’efficacité de la médecine à base d’artémisinine. Cette innovation chinoise, artémisinine, facilite la lutte mondiale contre le paludisme. Ce composant a été découvert par la scientifique chinoise Tu Youyou, Prix Nobel en 2015.

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