La fuite des capitaux conduit les particuliers et entreprises à investir ou à transformer en devises fortes la monnaie chinoise. Or, ces derniers sont apparemment sous pression, d’après Bloomberg.

L’agence Bloomberg a indiqué dans l’une de ces notes que les particuliers « étaient depuis des années à la recherche de petits appartements à vendre, à des fins d’investissements », mais ils sont aujourd’hui « à la peine depuis quelques mois et tentent même de se dépêtrer de leurs promesses d’achat ».

Dans la Silicon Valley (Californie), les investissement chinois ont fortement baissé depuis le début de l’année, tout comme à Sydney, où les promoteurs font face au retrait des investisseurs chinois. Cette situation s’explique par les mesures prises par Beijing pour freiner la fuite des capitaux.

Un contrôle très strict des changes est opéré, en raison de la fragilité du yuan, monnaie chinoise, et des achats massifs de biens ou d’entreprises des plus importants investisseurs. Ces derniers vendent du yuan pour acheter du dollar ou de l’euro.

Mais désormais, ces investisseurs devront également faire attention à la crise du crédit.  D’après Anthony Dole, directeur des investissements chez M&G Investments, « la bulle du crédit en Chine menace d’éclater ».

D’autant plus que les entreprises privées sont extrêmement endettées, principalement auprès de prêteurs hors secteur bancaire. « A 209% du PIB, le ratio de dette chinoise – c’est aussi le cas pour l’Australie à 206 % – est proche du pic observé au Japon (221 %) dans les années ‘90, et en Espagne (218 %) en 2010« , a expliqué ce dernier dans une étude publiée vendredi 26 janvier.

Pour ce dernier, « si le crédit se développe trop rapidement, il peut provoquer une instabilité sur les plans financier et macroéconomique. L’histoire montre en effet que les crises bancaires sont généralement précédées par une accumulation importante et rapide du crédit au sein du secteur privé ».

D’ailleurs, les banques chinoises ont accordé en 2016 un montant total de 12’650 milliards de yuans (1’719 milliards d’euros) de nouveaux prêts, un record. Les prêts aux ménages ont représenté 50% des nouveaux prêts en 2016, les prêts aux entreprises 48%.

Sur l’ensemble de l’an dernier, les nouveaux prêts bancaires ont dépassé leur niveau de 2009, année de politique de relance massive après la crise financière et économique mondiale, selon l’agence de presse, Reuters.

Certains analystes, interrogés par l’agence britannique, estiment que l’« efficacité » du crédit se dégrade, car « chaque yuan engagé dans le soutien à l’activité génère désormais moins de croissance qu’auparavant tout en augmentant les risques d’une envolée des défauts de paiement et des créances douteuses ».

« On peut dire que la croissance du crédit en Chine est aujourd’hui d’environ 13% alors que la croissance du PIB est d’environ 6,7 à 7% », a indiqué Zhou Hao, économiste senior de Commerzbank à Singapour.