Le Premier ministre français, Bernard Cazeneuve se rendra en Chine, demain, afin de vendre le Made in France aux responsables chinois, plus enclins à se tourner vers l’Europe, au détriment des Etats-Unis.

Cette visite intervient au moment où Beijing tente un rapprochement avec l’Europe après l’élection du président américain Donald Trump, dont les positions hostiles aux chinois inquiètent Beijing.

Beijing tente d’apaiser les tensions avec Bruxelles

« Si la Chine pourrait être en mesure de faire face à une guerre commerciale avec les Etats-Unis, elle sait qu’un tel conflit commercial associé de surcroît à de sévères frictions avec l’Europe serait catastrophique pour son économie« , a indiqué à l’Agence France Presse, un diplomate européen.

En effet, l’Union européenne et les Etats-Unis sont les deux principaux partenaires commerciaux de la Chine, raison pour laquelle, Beijing « a compris qu’il était dans son intérêt d’améliorer ses relations avec les Européens« , a ajouté ce dernier.

La Chine fait des efforts pour répondre aux inquiétudes de l’UE sur ses barrières protectionnistes et sur les restrictions imposées par les autorités aux firmes étrangères, promettant notamment d’ouvrir davantage son marché.

De son côté, l’Union européenne a fait marche arrière, après avoir frôlé la guerre commerciale avec Beijing sur les panneaux photovoltaïques. Ainsi, les droits antidumping et les prix planchers imposés en 2013 aux fabricants chinois devraient être graduellement éliminés d’ici à 18 mois.

Bernard Cazeneuve va tenter de vendre la France

Bernard Cazeneuve va rencontrer dans un contexte propice aux négociations, le Premier ministre Li Keqiang, et le président Xi Jinping et le président de l’Assemblée Zhang Dejiang, auprès de qui il évoquera l’intérêt pour les entrepreneurs chinois d’investir en France.

Le ministre des affaires étrangères, Wang Yi, a d’ailleurs souligné, lors d’un entretien avec son homologue français, Jean-Marc Ayrault, à Munich, que « les liens sino-français ont préservé une bonne dynamique de développement« . D’ailleurs, cette visite est « le premier échange de haut niveau entre les deux parties cette année, ce qui témoigne des étroites relations entre les deux pays ».

Le Premier ministre français échangera également la question nucléaire, car les négociations sur l’entrée du chinois CGN au capital d’Areva NewCo ont échoué. De plus,  Paris reste opposé à la demande chinoise de disposer d’un siège au conseil d’administration dans la nouvelle entité.

Les deux réacteurs EPR d’Areva construits par EDF et son allié CGN à Taishan devraient être mis en service à la fin de l’année. De plus, Areva espère vendre deux réacteurs supplémentaires pour la centrale de Taishan.

Relancer les projets durables

Wang Yi, ministre des affaires étrangères et son homologue français, Jean-Marc Ayrault.

Le Premier ministre essaiera aussi de relancer le projet d’un quartier durable conçu avec l’appui de la France. Notamment, l’accord de coopération signé avec les autorités locales de Wuhan (Hubei) en 2014 pour construire une ville nouvelle durable franco-chinoise de 150 km².

Sans oublier, l’accord cadre signé lors de la visite de Xi Jinping à Paris, concernant des projets de ville durable à Shenyang et à Chengdu. Le projet de Shenyang est de loin le plus avancé et le plus concret.

Dans une interview accordée à l’agence de presse Xinhua, l’ambassadeur de France en Chine Maurice Gourdault-Montagne a expliqué que « la France fait attention aux défis que la Chine rencontrera dans ce domaine (d’économie verte, ndlr) et veut être partenaire, à travers différentes formes de joint-ventures, d’investissements pour aller de l’avant et essayer de relever ces défis ».

En pleine transition écologique, la Chine tente d’orienter son modèle économique vers les énergies renouvelables. Ainsi, « la Chine a réalisé des investissements records dans les énergies renouvelables en 2015 avec plus de 100 milliards de dollars, soit 36% des financements mondiaux« , une situation qui devrait perdurer, selon Pascal Canfin, directeur général du WWF France, interrogé par Pascal Boniface, directeur de recherche à l’IRIS.