En dépit des mesures annoncées par le gouvernement pour contrôler les aliments, les scandales alimentaires ne cessent de noircir les pages des journaux, ainsi, en février, une vidéo de dix secondes a fait polémique pendant plusieurs jours, sur Weibo.

La vidéo montre un cuisinier amateur découvrant un long ruban de plastique translucide d’un sac d’algues qu’il venait. Scandale, plus de 2 millions de personnes ont vu la vidéo. Cela a entraîné une dégringolade des ventes d’algues, dont les prix ont été divisé par deux, passant de 80 000 yuans à 40 000 yuans la tonne. Cette histoire aura surtout mit à mal la société Fuguangjia Food, qui commercialise ces algues.

En effet, la sécurité alimentaire est devenue l’une des préoccupations majeurs de citoyens, qui craignent d’être contaminé parce qu’ils mangent. Cependant, la vidéo diffusée est un « fake news », une fausse information.

« Il est naturel que tout ce qui implique la santé et la sécurité concerne le public, mais ce qui rend la Chine unique, c’est que nous avons beaucoup de problèmes de sécurité alimentaire », a expliqué à Quartz, Zhu Ying, directeur de l’école de journalisme à l’Université d’études étrangères de Guangdong. Pour ce dernier, cela explique pourquoi « les rumeurs alimentaires se répandirent rapidement à chaque fois « .

L’algue élastique en plastique translucide vue sur la vidéo n’existe pas. Il s’agissait d’un canular monté avec des algues naturelles ayant été trempé dans de l’eau trop froide. Bi Jingquan, responsable de l’Administration de l’alimentation et des drogues a indiqué le 27 février, lors d’un point presse que « les algues de plastique sont une rumeur », ajoutant que quiconque créera une rumeur sera condamné à de la prison.

De son côté, Zeng Huaqing, le patron de Fuguangjia Food, spécialisé dans les algues, « cela nous est préjudiciable », car « ces vidéos nous ont coûté des millions de yuans, que les propagateurs de rumeurs aient l’intention de le faire ou non ».

Or les fake news (fausses informations) sur l’alimentation se multiplient ces dernières années. Les vidéos de « fake food » (faux aliments) se répandent à une vitesse folle sur Internet, ce qui ne devrait pas s’atténuer avec les années. Car selon des chercheurs, cités par Quartz « les rumeurs alimentaires sont proches des thèmes les plus répandus et les plus difficiles à contenir ».

Entre avril 2015 et mars 2016, plus de 15% des 2 175 rumeurs ayant été largement lues et signalées sur WeChat ont été liées à des thèmes sur la nourriture et la santé. Le scandale du lait maternisé à la mélamine, en 2008, a été la tragédie la plus marquante dans la conscience populaire.

Plus de 300 000 nourrissons avaient été intoxiqués, dont 6 sont décédés, depuis beaucoup de gens, vivant en Chine continentale, préfèrent s’approvisionner à Hong Kong. Pour Zeng Huaqing, « cette affaire nous a fait comprendre que parfois ce qui est primordial c’est d’éduquer les consommateurs et d’établir une relation de confiance ».