Le Bureau National des statistiques de Chine a annoncé une croissance de 11,9% au premier trimestre 2010, par rapport à la même période l’an dernier. Ce chiffre dépasse les attentes des autorités chinoises et des institutions internationales. Il s’agit là de la meilleure performance du pays, depuis 2007. En janvier, la croissance chinoise était estimé à 9,5%, par l’un des organismes gouvernementaux, révélé par la presse chinoise. La Banque Asiatique de Développement (BAD) avait de son côté prévu une croissance de 8,9%, tandis que le Fond Monétaire International (FMI), prévoyait 9%.

PIB de la Chine entre 1998 et le 4ème trimestre de 2010

PIB de la Chine entre 1998 et le 4ème trimestre de 2010

Une croissance confirmée par l’OMC

Ces prévisions vont rapidement s’avérer fausses, d’autant que l’organisation mondiale du commerce (OMC) a confirmé le chiffre de 11,9%. Au-delà de ces données, la Chine est devenue le premier exportateur mondial en 2009, détrônant pour la première fois l’Allemagne, avec des exportations de 1.202 milliards de dollars (1.045 milliards d’euros).

Le BNS a également annoncé « la hausse des prix à la consommation en Chine avait été proche de 2,4% en mars, marquant une décélération de l’inflation par rapport à février (+2,7%) et serait inférieur au consensus des estimations (+2,6%) ». Pékin s’est félicité de cette croissance et a indiqué qu’elle était le résultat du plan  de relance de l’économie, mise en place depuis novembre 2008. Mais, le gouvernement a  tout de même admis que le plan de l’inflation posait un problème.

Crainte sur le yuan

Le Conseil d’Etat a promis dans un communiqué de presse, « de maintenir une politique d’assouplissement monétaire appropriée ainsi qu’une politique budgétaire active introduites au plus fort de la crise financière mondiale fin 2008« . De leur côté, les économistes occidentaux craignent que la Chine ne dévalue sa monnaie, le yuan. Le président américain, Barack Obama a d’ailleurs tenté d’interpeller Hu Jintao, lors du sommet International sur la sécurité nucléaire  les 12 et 13 avril. Cependant, ce dernier n’a pas tenu à répondre aux attentes du président américain.

Selon l’agence de presse, Xinhua, Hu Jintao a indiqué que « la Chine s’en tiendra fermement à une voie de réforme du mécanisme de formation des taux de change. Ce faisant, nous tiendrons compte des développements économiques globaux et des changes globaux, ainsi que de la situation économique de la Chine ». Pékin ne souhaite pas réévaluer le Yuan, sous peine de voir son économie baisser, et l’a fait savoir à de nombreuses reprises.

Hausse des investissements

Sur son site internet, l’Organisation de coopération et de développement économique avait prédit cette hausse, car selon les experts « la Chine peut se permettre ces dépenses supplémentaires car la situation de ses finances publiques demeure solide ». « L’endettement brut des administrations publiques ne se montait qu’à 21 % du PIB en 2008, et bien qu’elles paraissent d’une ampleur gigantesque à côté de celles des autres pays, les mesures de relance devraient accroître cet endettement de seulement 3 % du PIB en 2010 » a ajouté l’OCDE.

D’autant plus que Pékin a augmenté ses investissements en Afrique et au Moyen Orient, pour pouvoir maintenir une croissance haute. A la publication de ces données statistiques, Françoise Lemoine, économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), a expliqué à L’Express que « la Chine est passée devant la France et la Grande-Bretagne, et avec sa quatrième place, elle talonne l’Allemagne. Mais elle reste loin des États-Unis et du Japon ».

La Chine contribue à l’économie mondiale

Le pays « représente entre 4% et 5% du PIB mondial. En revanche, si l’on considère la richesse par habitant, la Chine reste un pays en développement: le PIB par tête représente environ 20% de celui des pays riches. Mais le pays est sur un trajectoire de rattrapage à long terme. C’est justement cela qui est inédit: pour la première fois dans l’histoire économique mondiale, un pays en développement est une grande puissance » a indiqué l’économiste.

Toutefois, l’économiste en chef et secrétaire général adjoint de l’OCDE, Pier Carlo Padoan a déclaré que « l’action rapide et énergique des pouvoirs publics chinois en soutien à leur économie a limité l’impact de la crise mondiale. En contribuant à rééquilibrer l’économie de la Chine vers une demande intérieure plus importante, la relance est également bénéfique au reste du monde ».

Ce dernier a indiqué qu' »une augmentation des dépenses sociales en Chine sera importante à la fois pour renforcer la cohésion sociale à l’échelle nationale et pour promouvoir un rééquilibre extérieur soutenu ». D’autant plus que Paris et Tokyo ont profité de la hausse de la croissance, quelques heures après la publications des données statistiques.