Une opération de police transfrontalière a été mise en place entre le 5 mars au 10 juin, ayant conduit à l’arrestation de 8 000 personnes à Hong Kong, à Macao et dans le Guangdong.

Selon le South China Morning Post, « il s’agit d’un coup de filet transfrontalier marathon en prévision de la visite des dirigeants de l’État pour le 20e anniversaire de la rétrocession de Hong Kong ».

Placée sous le nom de code Thunderbolt 17 (« Coup de tonnerre 17 »), cette opération a été menée conjointement par les polices des deux Régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao, et le Guangdong.

L’objectif a été de mettre un coup d’arrêt aux activités des triades et autres syndicats du crime. 3 618 personnes ont été arrêtées à Hong Kong, dont 1 135 continentaux (chinois non hongkongais), 152 personnes « d’ethnie non chinoise », pour des crimes allant du trafic de drogue au jeu d’argent et au blanchiment d’argent.

La police du Guangdong a arrêté 2 270 suspects, et celle de Macao, 5 097 personnes et 1 782 personnes ont été placées en examen. Une 2nde phase de trois mois a été prévu, au second semestre 2017.

Début mai, les « procès politiques » se sont multipliés contre de jeunes militants qui doivent répondre de six chefs d’accusation différents (rassemblement illégal, trouble à l’ordre public, obstruction, etc.).

Tous ont en commun d’avoir participé à une manifestation qui a dégénéré, le 6 novembre 2016, devant le Bureau de liaison chinois. « Nous craignons que le gouvernement ne se serve de ce procès pour mettre ces opposants en prison avant la venue du président chinois, Xi Jinping, le 1er juillet », s’est inquiétée Agnès Chow, la secrétaire du nouveau parti d’opposition Demosisto.

Malgré le report de certains procès, Derek Lam, membre du parti Demosisto et étudiant à l’université chinoise de Hongkong, a considéré ces arrestations comme du harcèlement. « On n’arrête pas de se faire arrêter. Moi, c’est la quatrième fois. Cela nous complique la vie, surtout en cette période d’examens, » a-t-il souligné.

Fin mars, au lendemain de l’élection du nouveau chef de l’exécutif, Carrie Lam, un autre groupe de neuf citoyens hongkongais, parmi lesquels les trois leaders du mouvement d’occupation pacifique Occupy Central, avaient été à leur tour convoqués au tribunal.