En dépit des appels des américains et européens, les députés chinois, de la 20ème session du Comité permanent de la 13ème Assemblée populaire nationale, ont adopté la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong.

Le parlement chinois a voté à l’unanimité le texte assurant la sécurité nationale à Hong Kong, un an après le début les immenses manifestations dans l’ancienne colonie britannique contre l’influence du gouvernement central.

Face à l’ampleur des événements, le gouvernement chinois a décidé de mettre en place une loi, lui permettant de contourner le conseil législatif local (Legco), laissant craindre à l’opposition hongkongaise un recul des libertés depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997.

Le texte du gouvernement chinois était en lecture au cours du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale, et a été adopté, en même temps que la décision d’inscrire la loi à l’Annexe III de la Loi fondamentale de la Région Administrative Spécial de Hong Kong.

« La loi sur la sécurité nationale à Hong Kong a été officiellement adoptée », a écrit le DAB, principal parti hongkongais pro-Pékin, dans un communiqué. De son côté, le Bureau chinois des affaires de Hong Kong et de Macao du Conseil des Affaires d’État a exprimé son soutien ferme à la Loi de la République populaire de Chine sur la sauvegarde de la sécurité nationale dans la Région administrative spéciale de Hong Kong (RASHK).

Le bureau s’est engagé à « soutenir pleinement et à coopérer aux travaux liés à la mise en œuvre de la loi, afin de garantir son application effective dans la RASHK ». Pour le gouvernement chinois, il s’agit d’assurer la stabilité, et de mettre fin au vandalisme vu lors les manifestations de 2019.

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Pour l’opposition pro-démocratie de Hong Kong et pour plusieurs pays occidentaux dont les Etats-Unis, cette loi constitue une attaque contre l’autonomie et les libertés du territoire. Toutefois, le contenu précis de la loi n’a pas encore été publié par le gouvernement chinois.

L’agence de presse Xinhua avait donné quelques éléments de la loi, affirmant qu’elle entend réprimer le « séparatisme », le « terrorisme », la « subversion » et la « collusion avec des forces extérieures et étrangères ».

Un « organe de sécurité nationale« , relevant directement du gouvernement chinois, devrait d’ailleurs être institué à Hong Kong. Il serait chargé de collecter des informations et de poursuivre les crimes contre la sécurité nationale.

Joshua Wong

L’idée de confier à un organisme – géré par le pouvoir chinois – des prérogatives dans le territoire autonome inquiète fortement l’opposition locale. Pour Joshua Wong, l’une des figures du mouvement pro-démocratie hongkongais, « cela marque la fin de Hong Kong tel que le monde la connaissait. Avec des pouvoirs étendus et une loi mal définie, la ville se transformera en un #étatdepolicesecrète ».

Depuis sa rétrocession en 1997, Hong Kong possède une large autonomie par rapport à la Chine continentale, en vertu du principe « Un pays, deux systèmes ». Les Hongkongais bénéficient ainsi de la liberté d’expression, de la liberté de la presse et d’une justice indépendante.