Le nouveau chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a critiqué la Chine, l’accusant de nuire « de manière scandaleuse » à Hong Kong.

Dans une interview enregistrée le 31 janvier et diffusée le lendemain par NBC News, Antony Blinken a accusé la Chine de nuire « de manière scandaleuse » à Hong Kong. Il juge que les Etats-Unis devraient accueillir les habitants de Hong Kong désireux de fuir la répression en cours, à l’instar du Royaume-Uni.

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« S’ils sont victimes de la répression des autorités chinoises, nous devons faire quelque chose pour leur offrir un refuge », a déclaré ce dernier. Antony Blinken qualifie aussi de « profond problème » le manque de transparence de la Chine au sujet de la crise du coronavirus.

Antony Blinken considère que la Chine entrave l’accès des experts de l’OMS aux sites considérés comme les premiers foyers de la pandémie. Ce dernier poursuit les arguments de l’ancienne administration Trump, qui accusait la Chine d’être responsable de la propagation du coronavirus, et de cacher des informations

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D’ailleurs, Emmanuel Picot, Professeur à l’Institut Catholique de Paris, spécialiste de l’histoire politique et culture de la Chine contemporaine, a expliqué que Anthony Blinken « s’est explicitement inscrit dans la continuité de Mike Pompeo, son prédécesseur et Secrétaire d’État de Donald Trump, pour faire face à la Chine ».

« On aurait pu imaginer son adhésion à une théorie naguère défendue par Dimitri K. Simes, ancien conseiller de Richard Nixon, et selon laquelle, après s’être longtemps rapprochés de la Chine en l’aidant puissamment à son développement, les Etats-Unis joueraient la carte de la Russie en l’utilisant comme contre-poids à l’hégémonie chinoise. C’est ce que l’on appelle l’option ‘Nixon in reverse’. Une telle option ne tient pas compte de la nature autoritaire et viscéralement opposée à l’Occident du régime russe non plus que de la solidité de l’axe Moscou/Pékin qui depuis près de trente ans n’a jamais cessé de se consolider. Cette option est donc irréaliste. Anthony Blinken est de ce point de vue clairvoyant et comprend comme Joe Biden que le retour des Etats-Unis dans le jeu des instances internationales est une priorité ainsi que la consolidation des liens avec leurs alliés européens pour faire face à la menace russo-chinoise », a expliqué à Atlantico, Emmanuel Lincot, qui est aussi chercheur-associé à l’Iris.