Des millions de Hongkongais peuvent depuis le 31 janvier demander de nouveaux visas leur permettant de rester plus longtemps en Grande-Bretagne, puis de prétendre à la naturalisation, un moyen pour Londres d’offrir une porte de sortie à ceux qui veulent quitter Hong Kong.

Les titulaires d’un passeport britannique d’outre-mer (British National Overseas, BNO) et leurs proches étaient en mesure, depuis 17H00 (09H00 GMT) ce 31 janvier, de postuler en ligne pour un titre de séjour en Grande-Bretagne, leur donnant non seulement le droit d’y vivre, mais aussi celui d’y travailler pendant cinq ans.

A terme, ils pourront demander la citoyenneté. Alors que jusqu’ici ils n’avaient le droit de visiter le Royaume-Uni que pour six mois, sans pouvoir y travailler.

Cette réforme est la réponse de Londres à la loi controversée de la Chine, en juin 2020, d’imposer à sa région semi-autonome des mesures strictes sur la sécurité nationale afin de dissuader toute forme de dissidence, après les manifestations massives de 2019.

La Grande-Bretagne a accusé la Chine de renier son engagement pris avant la rétrocession de Hong Kong en 1997 de préserver les libertés et l’autonomie du territoire pendant jusqu’en 2047.

Londres a mis en avant son devoir moral de voler au secours de son ancienne colonie. « Nous honorons nos liens profonds, historiques et amicaux avec le peuple de Hong Kong, et nous défendons les libertés et l’autonomie« , a affirmé le Premier ministre Boris Johnson dans un communiqué.

Lire aussi : Boris Johnson promet une réforme du visa pour accueillir les Hongkongais

Cette réforme a provoqué la colère de la Chine qui a annoncé qu’elle ne reconnaîtrait plus en tant que document d’identité les passeports BNO, qui sont hérités de la rétrocession. En effet, le BNO avait été un compromis pour les hongkongais nés avant 1997. Une décision symbolique car les hongkongais utilisent généralement leur carte d’identité locale pour quitter le territoire.

Lire aussi : Londres ouvre ses nouveaux visas pour Hong Kong

Bureau des affaires étrangères à Londres

Mais la Chine s’est dite prête à « d’autres mesures », faisant craindre que les autorités ne cherchent à empêcher les hongkongais de partir.

Le 31 janvier, l’agence de presse Xinhua a accusé Londres d’avoir une « mentalité coloniale », avertissant que ces nouvelles dispositions nuiraient aux « relations bilatérales » et aux « intérêts de la Grande-Bretagne sur le long terme ».

Le Bureau de Liaison, qui représente le gouvernement central à Hong Kong, a fait part de sa « ferme condamnation et son opposition totale » à ces mesures.

Le nombre de hongkongais souhaitant demander ce visa c’est pas connu, mais environ 70% de la population hongkongaise, sur les 7,5 millions d’habitants, peut prétendre à ce visa. D’ailleurs, les demandes de passeport BNO ont augmenté de plus de 300% depuis l’entrée en vigueur de la loi sur la sécurité nationale fin juin.

Les autorités ont dénombré mi-janvier 733.000 titulaires du BNO. Et Londres estime que 150.000 hongkongais pourraient arriver dans les 12 prochains mois, et 322.000 sur les cinq prochaines années.

Au moment de la rétrocession, beaucoup de Hongkongais demandaient à Londres la pleine citoyenneté, mais la Chine s’y était farouchement opposé. Ce passeport BNO est désormais une des dernières portes de sortie pour les hongkongais désireux de refaire leur vie ailleurs.