Le cardinal Joseph Zen, 90 ans, ancien archevêque catholique du diocèse asiatique de 2002 à 2009, a été arrêté le 10 mai par les autorités de Hong Kong.

Cette arrestation a été vivement critiqué par la communauté internationale, qui a dénoncé une arrestation arbitraire. De son côté, la Chine a fait part de sa «ferme opposition à l’avalanche de critiques émanant de l’Occident» à la suite de l’arrestation la veille à Hong Kong du cardinal Joseph Zen et de plusieurs militants du mouvement pro-démocratie.

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«Les personnes concernées sont soupçonnées de conspiration de collusion avec des pays étrangers ou des forces étrangères afin de mettre en danger la sécurité nationale – un acte de nature grave», a déclaré le bureau du commissaire, qui représente le ministère des Affaires étrangères de Pékin à Hong Kong.

Le cardinal Joseph Zen a été libéré sous caution, selon des informations diffusées sur les réseaux sociaux par des journalistes locaux. Joseph Zen avait été arrêté par la section de la police chargée de veiller à la sécurité nationale de la Chine et a été interrogé dans un poste de police durant plusieurs heures.

Il est accusé de «collusion avec des forces étrangères» par rapport à son rôle d’administrateur du Fonds de soutien humanitaire 612, une organisation qui a aidé les manifestants pro-démocratie à payer les frais juridiques et médicaux.

«Le Saint-Siège a appris avec inquiétude la nouvelle de l’arrestation du cardinal Zen et suit l’évolution de la situation avec une extrême attention», a déclaré le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni, en réponse aux questions des journalistes dans l’après-midi.

L’Église catholique de Hong Kong se dit «extrêmement préoccupée par l’état et par la sécurité» du cardinal Joseph Zen Ze-kiun. «Nous avons toujours défendu l’État de droit», poursuit la note du Vatican, «et nous sommes convaincus qu’à l’avenir, nous continuerons à jouir de la liberté de religion à Hong Kong en vertu de la Loi fondamentale».

De son côté, le diocèse de Hong Kong demande «instamment à la police et aux autorités judiciaires de Hong Kong de traiter le cas du cardinal Zen conformément à la justice, en tenant compte de notre situation humaine concrète».

Outre le cardinal Zen, les autorités ont également arrêté d’autres promoteurs du fonds, dont la célèbre avocate Margaret Ng, ancienne députée de l’opposition, l’universitaire Hui Po-keung et l’auteur-compositeur-interprète Denise Ho.

Leur détention a été confirmée par des sources juridiques de Hong Kong. Selon les journalistes de Hong Kong, ils ont également été libérés sous caution.

Les forces de l’ordre se concentrent sur une «collusion» présumée du Fonds 612 avec des forces étrangères, en violation de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin en juin 2020.

Ce chef d’accusation est l’une des quatre infractions prévues par la loi sur la sécurité nationale, condamnée par la communauté internationale, pour réprimer les manifestations en faveur de la démocratie dans l’ancienne colonie. Les autres crimes sont la subversion, la sécession et le terrorisme et peuvent entraîner des peines allant jusqu’à la prison à vie.