L’Allemagne a annoncé le 31 juillet la suspension du traité d’extradition qui lie Berlin et Hong Kong, en réaction à l’adoption par la Chine d’une loi de sécurité nationale pour Hong Kong.

«Compte tenu des développements actuels, nous avons décidé de suspendre l’accord d’extradition avec Hong Kong», a expliqué dans un communiqué de presse le ministre des Affaires étrangères allemand, Heiko Maas.

Ce dernier a estimé que le report annoncé d’un an des législatives pour cause de coronavirus, après un mois marqué par la disqualification des candidats du mouvement pour la démocratie, constituait une «nouvelle atteinte aux droits des citoyens de Hong Kong». Et cela «préoccupe» beaucoup Berlin, a-t-il ajouté.

«Nous avons à plusieurs reprises clairement exprimé» le souhait que «la Chine respecte ses obligations» découlant du droit international. «Cela inclut la garantie des libertés et des droits garantis par la Loi fondamentale», a-t-il poursuivi.

Le ministre a indiqué qu’il incluait dans ses protestations «le droit à des élections libres et équitables. Les habitants de Hong Kong y ont droit». Berlin a pris cette décision en réaction à la mise en vigueur par la Chine le 1er juillet de la loi sur la sécurité nationale pour Hong Kong.

Cette loi a été décidé après une vague de manifestations pour les libertés à Hong Kong, territoire rétrocédé par Londres en 1997. La loi, adoptée par la Chine, prévoit de sanctionner les activités séparatistes, «terroristes», la subversion et les ingérences étrangères.

Le même jour, la cheffe de l’exécutif local hongkongais Carrie Lam a annoncé le report des élections qui devaient permettre en septembre de renouveler le Conseil législatif (Legco, le Parlement).

Cette décision, saluée par a Chine, a suscité la colère du mouvement pour la démocratie, qui avait exhorté cette dernière à ne pas instrumentaliser la pandémie pour se protéger d’une déroute dans les urnes.

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De son côté, l’ambassade de Chine en Allemagne a condamné la décision de Berlin de suspendre son traité d’extradition avec Hong Kong, dénonçant dans un communiqué, une violation des lois internationales.