En 2013, la Shenyang Aviation Industry Corporation publiait une série de photos de son nouveau modèle de bombardier « stratégique »,  nomination réservée au « Deuxième corps d’artillerie » de l’Armée Populaire de Libération, en charge des missiles nucléaires.

Ce bombardier « stratégique » furtif devait être doté de capacités offensives, capable d’assurer des frappes en profondeur. Les photos publiées il y a trois ans, sur le blog The Aviationist, montrent les modèles d’un avion de frappe de type H-6, similaire à un chasseur de 5ème génération plus grand.

L’objectif était de montrer les capacités de la Chine à construire un bombardier à long rayon d’action, et prouvé ainsi sa position de 3ème puissance après les Etats-Unis et la Russie à adopter un tel projet.

Alors que les forces aériennes chinoises ne disposaient que d’un modèle de bombardier stratégique, H-6, inspiré du Tu-16 (code Otan Badger) soviétique datant des années 1950, l’APL a décidé de moderniser cette version, et d’aller vers un H-6K  (image de UNE) subsonique, capable d’emporter six missiles de croisière.

En septembre 2015, le commandant des forces aériennes de l’APL, le général Ma Xiaotian, assurait que le pays avait entamé la conception d’un nouveau bombardier stratégique, H-6K, tout en modernisant les H-6 et H-6G.

Le « cahier des charges » du H-6K présenté aux médias chinois prévoit une capacité de charge de 10 tonnes de bombes et un rayon d’action de 8’000 kilomètres sans « refueling ».

Les frappes pourraient aller jusqu’à la « deuxième chaînes d’îles« , définissant « le périmètre de défense maritime du pays« . La 1ère zone va des îles allant du Japon au nord jusqu’à Taïwan et les Philippines au sud, et la 2nde zone s’étend des îles Bonin (ndlr: l’archipel japonais d’Ogasawara) jusque au sud, avec les îles Mariannes et Caroline.

 Interrogé le 8 septembre 2016 par Putnik News, Vassili Kachine, expert militaire russe, a expliqué que ce nouveau bombardier stratégique « doit être capable d’accomplir la mission de dissuasion nucléaire face aux Etats-Unis« .

Certes « le H-6K est équipé de systèmes de guerre électronique modernes et de moteurs russes qui augmentent son rayon d’action », a expliqué l’expert russe, « mais il ne peut pas être considéré comme un élément de la triade nucléaire. Cet avion ne répond pas aux exigences requises pour garantir la dissuasion nucléaire face aux Etats-Unis« .

Ainsi, « les avions H-6K sont trop lents et trop visibles. Équipes de missiles de croisière, ils peuvent jouer un grand rôle dans un conflit régional, mais ne conviennent pas pour la dissuasion nucléaire« , a ajouté Vassili Kachine.

D’après le site spécialisé Opex360 (Zone militaire), certains experts prédisent une vélocité de l’appareil, afin de pénétrer les défenses adverses à une vitesse supersonique, d’autres estiment qu’il devra « avoir une survivabilité élevée et une longue distance de pénétration, ce qui exige un avion à faible visibilité ».

Mais pour l’heure, aucun détails n’a été divulgué par l’Armée Populaire de Libération (APL), raison pour laquelle, les spéculations vont bon train. Les autorités devraient faire part de leurs avancées, une fois, certaines que l’avion aura toute les capacités nécessaires pour aller au-delà de la défense.