Dans une note le think-tank China Dialogue a expliqué qu’aucune réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre n’est prévue au début de l’année prochaine, mais l’instauration du marché carbone laisse espérer des réductions à partir de 2020.

Devenant d’une certaine manière leader de la lutte contre le réchauffement climatique, le nouveau marché carbone attire « une attention particulière« , car la décision de Beijing est judicieuse.

Bien qu' »à court terme, les experts ne s’attendent pas à ce que le marché du carbone soit parfait« , il « faudra plusieurs années de croissance avant de réaliser des réductions d’émissions », a indiqué Zhang Chun, chercheuse sénior. Cette dernière a souligné que « la tâche la plus urgente est de mettre rapidement en place le mécanisme du marché, afin que son fonctionnement puisse être étudié et amélioré« .

Premier pays émetteur de gaz à effet de serre depuis 2005, Beijing s’est engagé à lancer son propre marché national du carbone d’ici 2017. Cependant, depuis 2011, 7 régions expérimentent des projets pilotes d’échanges de quotas d’émission de dioxyde de carbone (CO²).

China Pollution TourismCes systèmes de quotas, appelés « cap and trade« , consistent à imposer aux entreprises un plafond pour leurs émissions totales de CO², puis leur allouer les quotas correspondant à ce plafond.

Ainsi, à chaque fin d’année, les entreprises concernées sont tenues de restituer un nombre de quotas équivalent à leurs émissions réelles. Elles ont alors la possibilité d’en échanger sur le marché.

Si une entreprise émet plus que le maximum qui lui est alloué, elle doit se procurer des quotas manquants, sur la base du principe pollueur-payeur. A contrario, si une entreprise émet moins que son allocation, elle peut revendre ses quotas non utilisés pour bénéficier de revenus.

Les objectifs premiers de ce type de marché est de permettre de limiter la hausse moyenne de la température mondiale et d’instaurer une politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Pour atteindre cet objectif, le gouvernement va désigner en 2017 10 000 entreprises, dans 8 secteurs principalement : pétrochimie, produits chimiques, matériaux de construction, acier, métaux ferreux, fabrication du papier, production d’énergie et l’aviation.

« Le marché chinois du carbone couvrira lors de son lancement, en 2017, près de la moitié des émissions de gaz à effet de serre du pays », a indiqué Jiang Zhaoli, vice-directeur du Bureau du climat à l’agence de planification chinoise, la Commission nationale du développement et de la réforme (CNDR).

De plus, « le marché du carbone en Chine sera le plus grand au monde et ses ambitions seront plus élevées que celles du gouvernement », afin d’assurer « un effet suffisant » de cette mesure.

Les autorités prévoient d’agrandir le marché après 2020 à davantage d’entreprises. De plus, « il s’étendra à 31 provinces et 6 secteurs industriels, et concernera à ses débuts quelque 4 milliards de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre, soit près de la moitié de l’ensemble des émissions du pays », a précisé Jiang Zhaoli à China Dialogue.