Après l’instauration d’un Sommet sino-africain des médias, visant à véhiculer une autre image de l’Afrique et de la Chine, Xi Jinping a lancé une nouvelle coopération avec les pays d’Amérique Latine, avec le même objectif.

Un même sommet des médias sur deux continents différents, afin de rompre avec l’hégémonie occidentale dans le secteur des médias. Le 22 novembre, le président Xi Jinping a définit le cadre de ce nouveau partenariat visant à « créer une nouvelle situation de coopération entre les médias chinois et américano-latins ».

Dans son allocution, il a assuré que ce sommet était une « initiative et un grand événement dans l’histoire des échanges entre les médias chinois et américano-latins », qui pourront « jouer un grand rôle dans le développement et la transmission de l’amitié entre les peuples chinois et américano-latins ».

Pour cela, le président chinois propose que les médias chinois et américano-latins doivent « profiter réciproquement de leur force », afin d’accentuer leur influence nationale et internationale. Les médias devront « montrer au monde une Chine et une Amérique latine réelles et dynamiques », et « émettre des opinions unanimes sur les questions concernant la paix et le développement du monde ».

Ce dernier leur propose aussi de « rester fidèles à leurs convictions, d’épauler ensemble la coopération pragmatique, afin de la faire progresser, accroître l’enthousiasme et la confiance en termes de coopération des deux parties, ainsi que généraliser les modèles de coopération dotés d’esprit innovateur ».

Ensuite, les médias « doivent apprendre à se connaître et à s’imprégner l’un de l’autre, afin d’élever la coopération des médias à un nouveau niveau ». Beijing a d’ailleurs annoncé la création d’un centre d’échange d’informations Chine-Amérique latine, et son intention d’inviter des journalistes à venir étudier ou travailler en Chine.

D’ici 2021, « le pays formera 500 employés du secteur des médias dans les pays d’Amérique latine et des Caraïbes afin de faire prospérer la cause des médias des deux parties », a ajouté Xi Jinping.

Cette démarche est quasiment identique à celle engagée avec les pays africains, depuis septembre 2004, avec le premier atelier pour les journalistes africains et par la suite l’instauration d’une coopération médiatique inscrite dans la déclaration du FOCAC. D’ailleurs, l’agence de presse Xinhua est déjà prête à travailler avec les médias latino-américains.

« Xinhua, avec une présence de plus de 50 ans en Amérique latine, est prête à jouer un rôle plus important dans la construction d’une communauté de destin Chine-Amérique latine et Caraïbes », a déclaré le président de Xinhua, Cai Mingzhao.

Lors du sommet ce dernier a mit en exergue la position de son agence dans la région : « Xinhua a été la première organisation médiatique chinoise à entrer en Amérique latine, avec son bureau à La Havane établi en 1961. Depuis, l’agence a établi un total de 21 bureaux dans 19 pays d’Amérique latine et des Caraïbes ». Pour ce dernier, Xinhua « sert de canal important pour diffuser des informations de la Chine à l’Amérique latine, ainsi que pour rapporter des nouvelles venant d’Amérique latine au reste du monde ».

L’agence a déjà signé une trentaine d’accord avec des médias africains, la coopération engagée pourrait s’accentuer en renforçant « le dialogue entre les médias et faire de ce sommet un événement régulier », en menant « des interviews conjointes » et en consolidant la couverture d’événements majeurs, a assuré Cai Mingzhao.